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Soldats Français prisonniers du FLN

 

Les Français d’Algérie solidaires, et qui n’oublient pas !  

 

A

Monsieur Hervé MORIN  Ministre de la Défense Rue Saint Dominique 75007 PARIS

Recommandé avec A.R

Béziers le 29 Octobre 2007

La France a officiellement remis à l’Algérie les plans de pose des mines placées par l’armée française aux frontières est et ouest du pays pendant la guerre d’Algérie. Il est précisé que cette décision marque la volonté des autorités française de progresser pour lever les obstacles hérités du passé et leur souhait de bâtir des relations de confiance avec l’Algérie.

Sur le plan humain BRAVO ! Mais il ne faudrait pas que cela soit encore à sens unique : 537 Soldats Français prisonniers du FLN ou le déshonneur de la France ?

UNE ENQUETE DOIT ETRE DILIGENTEE  Les gouvernants d’un Etat souverain qui manipulent et occultent 

sciemment la vérité pour dissimuler des crimes, personnifient ce qu’il y a de plus ignoble dans le comportement 

humain !

Il arrive parfois que l’indécence dépasse les limites du supportable. Alors comment admettre 45 ans après les accords d’Evian, que les autorités de notre pays ne fassent pas la lumière sur la disparition des 537 militaires Français prisonniers du F.LN pendant la guerre d’Algérie.

Certes le passé est plein d’histoires horribles et épouvantables où les royautés, les républiques, les dictatures, les félons, les usurpateurs et même de simples quidams se sont rendus coupables de crimes défiant l’entendement.

Mais dans ce cas précis, le comportement de l’armée française aux ordres exclusifs de DE GAULLE, n’était-il pas complicité dans l’abandon de ses propres soldats ?

Mais que font aujourd’hui les Associations d’Anciens Combattants ?

Cette recherche,  ce combat, ne devrait-il pas être, sans concession, leur priorité ?

Que représentent les affrontements « pour le 19 mars » ou « contre le 19 mars » face à nos compagnons abandonnés et disparus ? N’y a-t-il pas là l’occasion d’un consensus ?

Que représente le recueillement du 5 décembre voulu par une nation qui jette le voile noir de l’oubli sur cette plaie ouverte dans le flanc de son  armée déshonorée ?

Il faut noter que nombre de ces soldats ont été enlevés entre le cessez le feu de mars et l’indépendance de juillet. Donc leur sort et leur protection dépendaient totalement du gouvernement français et de son armée. Il s’agit donc d’une forfaiture aussi grave que la rafle du Vel d’hiv ou que la complicité de Bousquet, Papon et consort mais qui, elle, n’a jamais été reconnue. Y a-t-il, comme pour la raison d’Etat, une « raison d’armée » ? Ne s’appellerait-elle pas alors, indignité ?   

Bien avant d’accorder l’indépendance à l’Algérie et dès celle-ci, les gaullistes libérèrent des milliers de rebelles auteurs de crimes de sang  qui s’empressèrent de s’acharner à nouveau sur les populations après le 19 mars, et parfois sur nos militaires.

La réciprocité ne fut pas respectée, sans réaction de nos gouvernants. Nos soldats furent « sacrifiés » par « l’homme du destin » qui  assouvissait sa haine en ne manquant surtout pas ce bradage,  avec une duplicité  qui le faisait entrer dans la liste des grands criminels de l’histoire en naviguant sur son fleuve de sang !

 beaucoup du contingent,  victimes de leur devoir au service d’une ingrate Patrie.

Ce silence de plomb perdure, aucune autorité ni militaire ni civile n’est là pour exiger que lumière soit faite sur les raisons de cette trahison envers nos frères d’armes et sur le sort qui leur a été réservé. Elles se complaisent dans l’infamie ?

Cette glorieuse armée qui avait remporté une victoire éclatante sur le terrain, s’était volatilisée, émasculée, n’ayant même pas eu la force d’imposer leur libération.

Après la guerre du Vietnam, l’Armée et la Nation américaine ont  remué ciel et terre  pour retrouver leurs disparus, bien des fois avec succès, rapatriant les corps pour leurs familles. Alors comment  supporter l’inqualifiable attitude de la France jusqu’à ce jour ?

Français as-tu du cœur ?

Quelques années après l’indépendance, selon nos sources, certains étaient toujours en vie. BOUMEDIENNE le président Algérien alors en place, proposait au gouvernement français, une négociation pour leur libération. Sans succès !

C’était le comble de l’ignominie ! Certainement trop atroces auraient été leurs états etleurs témoignages, ils auraient pu porter ombrage au « speaker de Londres » et le sortir du chemin de la « gloire » qu’il s’était auto tracé.

Dans cette tractation entre deux gouvernements (si les archives le confirment), in fine, cherchez où est le plus grand criminel ?

Mais le travail de dissimulation et de falsification a déjà battu son plein. Nous connaissons un témoin qui a participé à ces opérations, notamment pour prouver, en coupant des documents  filmés sur la vie quotidienne de l’époque, qu’il n’y avait jamais eu vie commune et fraternisation entre les populations.

Alors pour nos prisonniers disparus, nous sommes vraiment désespérés ! La censure gaulliste est toujours aussi puissante 

quand il s’agit du « plus grand Français de tous les temps »!   

Devons-nous comprendre qu’il ne faille pas ternir une image et une légende qui conviennent  parfaitement aux dupés, aux 

parjures et aux lâches ?

Après avoir été faits prisonniers ils ont subi le martyre.  Devenus otages, en violation des « accords » d’Evian, ils n’ont même pas eu la possibilité, comme le jeune Guy Môquet,  de faire passer une lettre d’adieu à leurs proches et entrer dans l’histoire.

Nous n’acceptons pas et n’accepterons jamais que cette lâche trahison d’hommes de caniveaux, perpétrée consciemment, puisse sombrer dans les oubliettes de l’histoire.

Nos soldats méritent, comme les militaires Polonais suppliciés par les communistes à KATYN, que la France exige la restitution de leurs dépouilles et  qu’enfin la vérité éclate. Leurs bourreaux franco-algériens complices doivent payer le prix,  le prix de leur sang, même à titre posthume !

Les honneurs militaires doivent leur être rendus officiellement, dans la cour des invalides, dernièrement souillée par la présence d’un criminel avéré de la guerre d’Algérie, Pierre Messmer, le bourreau des Harkis, parti impuni, arrogant, mais qui ne pourra fuir le dernier châtiment, celui de la justice Divine ! Il était un parjure, complice de leurs assassins, n’ayant même pas le courage d’assumer par un repentir, ou de se taire. Non, comble de couardise, délateur méprisable, il rejetait nommément la responsabilité de toutes ces tueries sur son complice de l’époque, le Président algérien BOUTEFLIKA. Pour leurs familles, pour leurs amis, pour ceux qui ont combattu à leurs côtés, nous interpellons avec la plus grande détermination notre nouveau Président de la République, qui semble pourvu de sentiments humains,  pour qu’enfin nous soyons éclairés sur les tenants et les aboutissants de cette horrible et impardonnable affaire générée par un Etat renégat marqué à jamais par le sceau du déshonneur et du malheur.

Français, il faut que vous sachiez aussi qu’un de ces militaires enlevés  avait réussi à s’évader d’un camp de la mort FLN, des pieds-noirs le trouvèrent à bout de force dans un fossé et l’aidèrent à rentrer chez lui en France !

 Il a témoigné sur « Le point », de l’horreur des conditions de détention des otages (nous détenons ce document !). Après avoir été molesté à son arrivée par les sbires à DE GAULLE, curieux de connaître ses moyens d’évasion,  il fut ensuite arrêté pour « désertion en temps de paix » et jeté en prison de longs mois dans une cellule d’isolement avec sur la porte de son cachot, un panneau : « individu dangereux ! »

Est-ce  cela « la grandeur » de cette France qui persiste et signe ses crimes par un silence coupable ? L’honneur de la Nation impose que la lumière soit faite !

Nous comptons sur vous Monsieur Le Ministre ! Avec tout notre respect.

Copie à :

Monsieur le Président de la République

Monsieur Le Premier Ministre

Ce document est approuvé et signé par :

ALGUDO Alain Président des Comités de Défense des Français d’Algérie et  des Agriculteurs Rapatriés

 BARISAIN Pierre - Président Association DROIT DE MEMOIRE                                

 BARTOLINI  Jean Pierre – Retraité – 66670   BAGES         

 BELLIER Louis –Ingénieur Agronome, Dr Es Science 83390 CUERS

 COMTAT Philippe – Association Affreville- 34 BEDARIEUX

 CUESTA  Hervé- Président d’Anciens combattants

 CAZAL Anne – Rédactrice en Chef de VERITAS - Ecrivain

 COLLIN J.F  Président ADIMAD

 DESCAT Georges – Vice Président C.D.F.A

 DESSY Roland – Président Coordination Nationale des Rapatriés – RECOURS Hérault

 DIETSCH Solange – Enseignante – Cercle Algérianiste

 FOLCO Norbert – Vice-président C.D.F.A. Directeur de Société.      

 HATTAB-PACHA Joseph – Président de VERITAS – Dernier Maire d’Alger !

 LAUDY  Alain –  17560 BOURCEFRANC LE CHAPUS

 MOULFI Kader – Président d’association Harkis

 MALABER Anne –Marie -C.D.F.A. 34500 BEZIERS

 MARTINEZ Ignace – Retraité - BREST         

 MALABER Charles – Retraité – 34500 BEZIERS

 PUIG Robert – Retraité – 06000 NICE

 ROLLAND Guy – DROIT DE MEMOIRE – L’UNION

 RONDEAU Jean Pierre – Président d’honneur de ALLO – Président de DEPATRIES

 ROUBELAT Paul – Retraité – 66430 BOMPAS

 TORRES Jacques – Ancien combattant volontaire – 50480 CARQUEBUT

TROISE André – Président de la Fondation « Méditerannéa »34500 BEZIERS

 TURREL Pierre – Président de l’Amicale des Constantinois et Bônois- BEZIERS

 VILLARD Maurice – Président du Cercle Algérianiste de Béziers - Ecrivain. BEZIERS

  

Témoignage
J'offre ce témoignage à la mémoire de mes compagnons qui ont été sacrifiés.

08/02/2002 - © Le Point - N°1534 Source:

http://www.lepoint.fr/content/societe/article?id=60657#reagir

André Aussignac, 60 ans, appelé du 23e Rima à Alger, a été déclaré disparu le 21 juillet 1962 par l'armée française.

            « Le soir du 21 juillet 1962, j'ai quitté, en uniforme, la Maison carrée (caserne) d'Alger pour aller acheter des cigarettes. Je suis tombé sur un barrage de musulmans en uniforme. Ils m'ont pris ma carte d'identité militaire et l'ont déchirée. Je me suis retrouvé dans une camionnette avec des civils européens, dont le propriétaire du véhicule. On a été conduits dans une briqueterie, déshabillés et jetés dans un four encore tiède. Dans la nuit, d'autres Européens sont arrivés. A la fin, on était 17. Nous sommes restés là, entassés, sans boire ni manger, à redouter qu'ils allument le four. Au bout de quarante-huit heures environ, nous sommes partis en camion bâché. Une fois dans le djebel, on nous a fait descendre et on a entamé une marche forcée de plusieurs semaines pour arriver à la mine de fer de Miliana. Là, on nous a jetés à moitié nus dans une galerie. Dans la mienne, on était environ 60, mais il y avait d'autres galeries avec d'autres Européens. On nous obligeait à creuser avec des petites pioches. On avait droit à un verre d'eau par jour et parfois à un plat de semoule. Pour ne pas mourir de soif, on mettait nos slips dans les parois humides de la mine et on suçait les gouttes d'eau. Quand le plat de semoule arrivait, on se battait comme des chiens entre nous. Certains sont morts d'épuisement, d'autres se sont volontairement tués. Une fois, l'un d'entre nous a planté sa pioche dans la terre et s'est jeté sur la lame.

            Un jour, un ministre algérien est venu visiter la galerie. Je ne me suis pas levé pour le saluer. Il m'a balancé un grand coup de pied dans la tête [la cicatrice à l'arcade sourcilière est encore visible]. J'ai essayé de m'évader deux fois sans succès. La première fois, en représailles, on m'a donné de grands coups de bâton sur les chevilles. La deuxième, on m'a assis sur une pierre, ligoté à un pieu et arraché les ongles des orteils avec une pince. La troisième tentative a été la bonne. J'étais avec deux autres copains qui ont été abattus. J'ai marché jusqu'à l'épuisement. Des pieds-noirs m'ont découvert évanoui et nu dans un fossé. Ils m'ont soigné, puis embarqué dans un chalutier en direction de Marseille. Quand je suis arrivé chez moi, à Bordeaux, ni mes parents ni ma fiancée ne m'ont reconnu. Je pesais moins de 40 kilos [contre 70 avant son départ].

            Le 22 juillet 1963, j'ai été arrêté par la gendarmerie de Villeneuve-sur-Lot. C'était pendant mon voyage de noces. On m'a interné au fort du Hâ pour "désertion en temps de paix" ! J'ai été brutalisé. On voulait que je livre les filières qui m'avaient permis de revenir d'Algérie. Je suis resté muet. On m'a ensuite conduit à l'hôpital militaire Robert Piquet. Sur la porte de ma chambre, on avait inscrit : "Individu dangereux, à ne pas mettre en contact avec les autres recrues". Le tribunal militaire de Bordeaux m'a finalement acquitté. Je rends hommage au commissaire du gouvernement qui a plaidé pour ma non culpabilité. Il a ensuite été muté. En novembre 1963, le sénateur Etienne Dailly a évoqué mon cas au Sénat (Journal officiel du 24 novembre 1963, p. 2572). Quelques jours auparavant, la Sécurité militaire m'avait menacé pour que je me taise. Mon histoire gênait. Je me suis tu jusqu'à aujourd'hui. J'offre ce témoignage à la mémoire de mes compagnons qui ont été sacrifiés. »

 

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