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SAUVETAGE DE LA VIERGE DE MISSERGHIN

 

En mai 1977, Lucien Lledo de Misserghin ancien du collège ND de France et de la première Armée Française, beau-frère de Charles Thouvenin professeur du collège et ancien de la 2éme DB qui a participé personnellement à la libération de Paris et ancien joueur du CDJ (arrière, avec les frères Pacchiano), lance un &appel dans l'Écho de l'Oranie (1977) pour sauver la vierge de Misserghin Léon Mazzella lui téléphone immédiatement et se fait expliquer le problème. Léon Mazzella appelle Monseigneur Lacaste, retiré à Accous, son village natal, et lui demande de tenir au courant Monseigneur Teissier, alors évêque d'Oran. Heureuse providence, le «Cap Falcon», cargo de la compagnie Léon Mazzella, se trouvait dans le port de Bayonne en partance pour Oran, sous le commandement de Gustave De Cara auquel le problème est exposé. Le commandant promet de tout faire pour récupérer la vierge. Le «Cap Falcon» arrive à Oran fin mai 1977 et le commandant De Cara

demande l'aide et le concours d'un officier supérieur de la PAF. Algérienne , ami depuis quelques années du commandant (le commandant De Cara allait tous les mois à Oran avec le «Cap Falcon» et avait établi des liens amicaux et de respect mutuel avec

cet officier, ancien de l'ALN).

Le policier met à la disposition du commandant De Cara un camion. L'équipe du «Cap Falcon» était composée de Pierre Cesari, second capitaine, d'Ajaccio, et ancien des corps francs, officier de la Légion d'Honneur à titre militaire (parent des Peurières de Relizane), François Canada, lieutenant franco-espagnol du sud de l’Espagne, pied-noir de coeur, Hélias Mendizabal, bosco de St Jean de Luz et Mohamed Abdou Osman, ancien soutier de la chauffe au charbon, originaire de Djibouti, 40 ans de maison Mazzella.

Enfin, Joseph Gimenez, intendant, 40 ans des compagnies Mazzella et Scotto-Ambrosino-Pugliese (SAP.) à Oran (surnommée «Service Arrive et Part», tellement les rotations devaient être rapides et en napolitain « Une Pitchaquète ») enfant des Bas Quartiers, élevé dans le creuset de la Joyeuse Union Don Bosco (la célèbre J.U) avec tout ce que cela comporte de référence morale et d'attachement à la Vierge de Santa Cruz.

L'équipe, munie d'un laissez-passer officiel, arrive à Misserghin et récupère la vierge avec certains objets du Grotte de la Vierge de N.D. de Lourdes de Misserghin culte et certains habits remis par les religieuses trinitaires qui étaient encore en poste à l'ancien orphelinat.

L'équipe arrive à l'entrée du port d'Oran et les quelques difficultés à l'entrée sont vite aplanies par l'officier de la P.A.F. La statue de la vierge est recouverte d'une bâche, les officiers présents en la découvrant se mettent au garde-à-vous et saluent.

La vénération pour Lalla-Meriem est toujours intacte. La statue et les objets du culte sont embarqués en présence

de l'officier de la P.A.F. et de Monseigneur Teissier, évêque d'Oran, qui sont reçus par le commandant De Cara dont l'accueil à bord était réputé chez tous les prestataires Français et Algériens le «Cap Falcon», comme tous les navires de commerce, bénéficiait de certains avantages de remise de taxes, et donc la cambuse du bord regorgeait de tous les produits français

et étrangers dont l'Algérie était particulièrement privée. Monseigneur Teissier est reparti les bras chargés et l'officier de la P.A.F. a refusé tout cadeau. Il a seulement demandé que personne ne mentionne son nom dans cette aide.

Le « Cap Falcon » arrive à Bayonne fin mai 1977. Lors des opérations de déchargement, un grutier de la Chambre de Commerce demande à Léon Mazzella d'avoir le privilège de décharger la caisse contenant la statue. Pourquoi, lui demande Léon Mazzella. Le jeune grutier, Bayonnais d'origine, répond: « M. Mazella, j'ai fait mon service militaire dans les casernes d'Eckmühl et je connais toute la route jusqu'à Misserghin en passant par votre propriété de Pont Albin et je serai honoré et fier d'avoir l'honneur d'exécuter cette manoeuvre.

Tout se passe bien. Les objets du culte sont immédiatement expédiés à la maison mère des religieuses trinitaires à Valence (Drôme).

La statue de la vierge a été mise à l'abri dans les hangars de notre ami Moreno Franco menuisier ébéniste d'Oran réinstallé à Bayonne.

Monseigneur Lacaste est prévenu aussitôt et est d'accord pour garder le silence pendant quelques temps ne serait-ce que pour protéger le commandant De Cara et son équipe qui revenaient encore à Oran tous les mois.  

 

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