L'allocution que je prononce devant vous ce jour de la Toussaint est
provoquée par les propos tenus par le candidat Nicolas Sarkozy en réponse
aux multiples et récurrentes sollicitations
formulées par l’ensemble des associations des Français d'Algérie de
toutes origines et confessions.
En voici quelques extraits :
Ø
"Je vous confirme
qu'outre la mémoire due aux Disparus, je souhaite que les victimes françaises innocentes de cette guerre jusque l'indépendance, et je pense tout
particulièrement aux victimes du 26 mars 62, se voient reconnaître la
qualité de "Morts pour la France" et que leurs noms figurent
sur une stèle officielle afin que personne n'oublie ces épisodes
douloureux".
Ø
"II n'est pas question
que le 19 mars soit une date officielle de commémoration. Il est
arrogant de condamner et de mépriser la douleur qui fut la vôtre et celle de
vos familles lorsque vous fûtes chassés de vos terres, de vos maisons
et séparés de vos amis. Vous avez tout perdu. Vous avez été victimes
d'une histoire et encore victimes d'un mépris."
Ø
"Votre
passé, votre relation avec la France
furent douloureux. Je sais
avec quelle force vous les avez assumés. Vos vies ont été écorchées. Votre mémoire
a été incomprise et parfois souillée par des idéologies plus que par des réalités. Vous avez conservé la
dignité et la confiance dans la France. Nous devons aujourd'hui construire
ensemble l'avenir, sans repentance, sans réécrire notre histoire
avec l'Algérie."
Ø
"Mon 1er engagement
est de ne Jamais sombrer dans la démagogie de la
"repentance". Vos ancêtres ont traversé la Méditerranée pour servir la France et bâtir
un monde nouveau. Chacun peut porter sur leur œuvre le jugement qu'il
souhaite. Mais la France doit leur en être et vous en être à jamais
reconnaissante. C'est par respect pour vous que je n'accepterai pas que
la date officielle de la commémoration des morts de la guerre d'Algérie
soit celle d'un cessez-le-feu, qui de surcroît n'a pas été respecté.
Personne n'a le droit de vous juger et de vous demander de vous repentir
des fautes que vos pères n'ont pas commises...
Ø
"Mon deuxième
engagement est de construire l'amitié avec l’Algérie, pas de négocier
des concessions ou renoncements autour d'un traité d'amitié. Je sais
l'amour que vous portez à cette terre. L'Algérie et la
France ont deux
destins liés.
Ø
"Albert Camus écrivait
: "J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né. J'y ai puisé
tout ce que je suis et je n'ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes
qui y vivent, de quelque race qu'ils soient. Bien que j'ai connu et
partagé les misères qui ne lui manquent pas, elle est restée pour moi
la terre du bonheur, de l'énergie et de la création."
Ø
"II est évident que
ceux qui connaissent l'Algérie pour y avoir vécu et pour lui rester fidèles ont un rôle éminent à jouer dans cette œuvre
immense...
Monsieur le Président Nicolas Sarkozy,
A
l'écoute de ce message positivement volontariste et inhabituel, nous
restons malgré tout, très attentifs.
En effet, depuis Mostaganem, les annonces officielles nous laissent
toujours perplexes. Nous avons appris à
nos dépens que les paroles et les promesses n'engagent que ceux qui les
écoutent Toutefois,
nous voulons encore y croire, et pourquoi pas faire confiance.
45
ans après ! sur le Mémorial de Notre
Dame d'Afrique, ensemble rassemblés autour de tous les nôtres présents aujourd'hui, nous voulons encore affirmer et montrer
que notre volonté d'exister n'est pas et
ne sera pas facilement étouffée. Car ce qui nous anime c'est un
profond sentiment d'injustice et d'amertume alimenté par tous les mensonges proférés par des
irresponsables ou, pire, complices des ennemis de la France.
Notre association inscrit son action dans le domaine de la mémoire
toujours associée à la notion de VERITE... Trop d'éléments historiques sont mal connus. D'autres,
manifestement tronqués, permettant des
affirmations fantaisistes sans aucun élément de preuve.
La seule et unique façon de contredire efficacement ces élucubrations
et ces mensonges, réside dans la connaissance et l'utilisation des documents d'archives qui
restent encore inaccessibles.
La
tragédie du 26 mars 1962 d'Alger en est le meilleur exemple.
C'est
pourquoi une mesure simple pourrait permettre d'accéder par les
archives à la vérité mais aussi et surtout de vérifier la bonne volonté des pouvoirs publics que
vous incarnez, mettant ainsi en conformité les actes avec la parole.
C'est dans cet esprit que notre association, membre du C.L.AN. souhaite
attirer votre attention en réponse à votre lettre du 16 avril 2007 "ENSEMBLE
TOUT DEVIENT POSSIBLE" qui nous permettra effectivement
de conserver la dignité et la confiance dans l'âme de la France pour
qui nos pères ont tant donné et
pour laquelle nos enfants, fiers de notre histoire, pourront répondre
présents.
Au
mur des DISPARUS, lors de la cérémonie inaugurale, dans quelques
semaines, TOUS, nous vous y
attendons avec l'espoir que votre engagement d'honneur à défendre
notre cause devienne enfin réalité.