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La lettre qui ne sera pas lue dans les écoles

 

Mon cher Père,

 

Je vous le demande à genoux, priez avec moi, avec nous.

Priez pour mon Claude chéri, dont c’est la fête le 6 juin et l’anniversaire de sa mort le 7 juin à 4 heures du matin.

Je prie tellement Dieu, La Vierge Marie, Notre Dame d’Afrique où les Evangiles lui furent dits, de lui faire une petite place dans le ciel.

Il a tellement souffert dans cette horrible prison, mon fils chéri, mon tout petit… Heureusement, mon bon père, que vous l’avez aidé à partir pour ce grand voyage sans retour.

Il n’avait fait de mal à personne : il croyait en sa grâce.

Priez pour le repos de son âme. Je vous remercie mon bon Père.

Vous donnez tant d’espoir à nos malheureux enfants d’Algérie et d’ailleurs, encore en prison.

Que Dieu vous protège !

Une pauvre Maman qui sanglote en vous écrivant et qui vous bénit.  

 

 

Lettre de la Maman de Claude Piegts au Père Vernet qui l’a assisté avant son assassinat, pour l’exemple,  par les sbires à De Gaulle.  

 

Lui ce ne sont pas des balles allemandes qui l’ont tué mais des balles bien françaises !

   

Que ceux qui pactisent encore avec ceux qui ne dénoncent pas ces crimes, sachent qu’ils ne font pas partie de la grande fratrie de l’Algérie Française.  

 

Plutôt vivre comme un  « mort vivant » que de renoncer à ce combat pour la justice et la vérité ! Morts de honte pour ce pays que nous avons tant aimé !

 

 

Alain ALGUDO Président  C.D.F.A./U.C.D.A.R.A et Anne CAZAL

 

 

 

L’exécution de Claude Piegts

et de Albert Dovecar  

 

 

Claude Piegts né le 1er janvier 1934 à Castiglione (Algérie) était vendeur à Alger, engagé dans les commandos Delta D de l’O.A.S. sous les ordres du Lieutenant Roger Degueldre pendant la Guerre d'Algérie il Participa avec Albert Devocar à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury le 31 mai 1961).

Accusé aussi d’avoir avec la complicité d’Albert Dovecar le 15 mars 1962 participé à l’assassinat de six enseignants et dirigeants du centre social de Château-Royal dans la commune d'El-Biar, près d'Alger - trois Algériens et trois Français (dont Max Marchand et Mouloud Feraoun) - dirigeants des Centres sociaux éducatifs créés par Germaine Tillion.

Ils étaient, Claude Piegts  en compagnie de son compagnon d’arme Albert Dovecar incarcérés et comparaissaient entre le 26 mars 1962 et le 30 mars 1962 devant le tribunal militaire spécial de Paris.

Ils sont jugés et condamnés à mort et sont fusillés au Trou d'enfer à Marly-le-Roi (Yvelines). Ce matin du 7 juin 1962 ils refusent tous les deux qu’on leur bande les yeux puis un adjudant commande alors l’ouverture du feu.   

                       

Claude Piegts crie « Visez au cœur » puis « Vive l’Algérie Française » tandis que ses mains se crispent sur un chapelet.    

                      

Albert Dovecar lance « Vive l’Autriche…Vive la Légion »                          

Il est 4 h 12 quand les deux salves simultanées déchirent le silence du matin. On peut voir sur le foulard vert de Bobby déjà rougi que se détache en lettres noires la devise  « On ne peut demander à un soldat de se parjurer ».

 

cartes des fusillés.jpg (80842 octets)

 

«L’homme n’est pas entièrement coupable, il n’a pas commencé l’histoire, ni tout à fait innocent puisqu’il la continue.» Albert Camus

 

L'ALGERIE FRANÇAISE NE REVIENDRA PAS MAIS L'IDENTITÉ DES FRANÇAIS D'ALGERIE DEMEURERA À JAMAIS. RP

 

http://www.algerie-francaise.org/cimetiere/dovecar-piegts.shtml  

 

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