| CERCLE
POUR LA DEFENSE DES COMBATTANTS D'AFRIQUE FRANCAISE DU NORD
- CDCAFN- |
| Une
réponse énergique car cela suffit
:
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Paris, 2 novembre 2007
LE DÉLÉGUÉ NATIONAL
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR PATRICK ROTMAN
Monsieur,
Le Cercle pour la Défense des Combattants
d'AFN (CDCAFN) regroupe 17 associations
[1], représentant 800 000 adhérents. H s'est réuni
le 25 octobre 2007 pour évaluer le message délivré par le
film "L'ennemi intime" dont vous êtes le
scénariste. Le pacte fondateur qui unit ces associations a pour but
de défendre l'honneur de ceux qui ont servi la France dans la lutte décidée
par les gouvernements de l'époque en Afrique du Nord, notamment en Algérie
entre 1954 et 1962. Les Présidents de ces associations, après avoir vu,
séparément, le film "L'ennemi intime" et pris le temps de la réflexion,
estiment de façon unanime que le
scénario est orienté préférentiellement contre l'Armée Française et
manifestement nuisible à la France par l'incitation à la haine raciale
qu'il suinte.
ORIENTÉ, c'est ce qui ressort du titre du
film "L'ennemi intime" reproduction littérale de celui de votre
documentaire de 2002, qui chargeait, pratiquement à sens unique, l'Armée
Française pour sa brutalité, voire sa sauvagerie pendant la guerre
1954-1962.
Certes, le film actuel, dans son début,
montre le résultat du massacre de villageois par les rebelles, illustrant
ainsi la cruauté du FLN, et, à la rigueur, pouvant justifier la
recherche du renseignement par la torture de fellaghas capturés ; sauf
que la mise en scène est outrancière, caricaturale et finalement
grotesque ! Ces chaînes ! ! on se croirait revenu au Moyen-âge. En
apparence par symétrie, mais en réalité disproportionnée, la charge
contre l'Armée Française est orientée au point de mettre en scène un
épisode révoltant, reproduction d'un "mini- Oradour sur
Glane". L'accusation est tellement grave qu'il est indispensable de
s'arrêter sur son mécanisme et sa mise en scène.
Le scénario est centré sur l'action d'une
petite unité d'infanterie où se mêlent quelques harkis et une
quarantaine de soldats métropolitains, encadrés par un seul
sous-officier d'activé, certes expérimenté, et un jeune officier de réserve,
peu à l'aise. C'est le choix de la mise en scène de ce film-fiction, de
manière à représenter de façon compréhensible l'armée régulière à
base d'appelés du contingent, implantée dans les secteurs opérationnels
d'Algérie. Grâce à ce procédé, inutile de montrer plusieurs unités,
puisqu'il suggère, et l'on peut l'imaginer, qu'elles se ressemblent
toutes. A noter qu'apparemment il n'y a pas d'appelés de souche
nord-africaine. aux mentalités et motivations différentes de celle des
harkis. Or, ils représentaient, en 1959, 40% de l'effectif d'une telle
section. Ce qui à soi tout seul rend invraisemblable la sauvagerie d'une
telle unité envers la population.
L'épisode en question, une jeep
transportant trois militaires armés tombe dans une embuscade, isolée et
non liée au village. Cet acte de combat normal ne justifie pas
l'intervention dans le village d'un commandant, arrivant après la
bataille, vêtu d'une chemise noire (allusion au fascisme, et au passage
injure envers les officiers d'activé) ordonnant le massacre des enfants
et des femmes.
Votre récit accusateur est d'autant plus
invraisemblable qu'il prend pour cible des soldats appelés du contingent,
aguerris et mûris par les opérations de pacification auprès des
populations. Même en l'absence de recrues de souche nord-africaine, ces
appelés et leur encadrement; qui partageaient la même vie et les mêmes
risques, n'auraient pas accepté sans broncher de massacrer des femmes et
des enfants. Ils n'étaient ni stupides, ni lâches et vous les insultez
en traitant ainsi leur comportement dans la guerre. Inutile de vous
masquer derrière le faux nez de cette contorsion pseudo-philosophique de
"L'ennemi intime" et de vous abriter juridiquement derrière
l'artifice de la fiction : il s'agit bel et bien d'une injure. En retour,
nous qui avons réellement combattu en Algérie avec des harkis et des
appelés, nous affichons notre conviction : les appelés, les harkis, les
sous-officiers et les officiers subalternes de l'encadrement de contact de
ces troupes étaient de bons soldats, de bons Français incapables de
commettre ces crimes que vous mettez complaisamment en scène. Pour
attirer le chaland ou par idéologie ?
Cette idéologie est NUISIBLE à la cohésion
nationale, eu égard aux réactions possibles, probables et surtout
durables, de l'importante population d'origine maghrébine face a ces
crimes dont le "mini-Oradour sur Glane". Comment voulez-vous
qu'en France la population d'origine maghrébine ait envie d'aimer les
Français ? Car dans votre scénario, il ne s'agit pas d'une unité
d'extra-terrestres, fabriquée et mise en scène pour ce film-fiction.
Non. il s'agit de combattants fournis par la conscription, c'est-à-dire
par tous les foyers, toutes les familles, de toute la France C'est donc la
France qui est en cause, car ce million de jeunes Français de l'époque
les grands-pères de maintenant, se seraient conduits comme des sauvages,
des nazis, vis-à-vis des grands parents et des parents de cette
population d'origine maghrébine actuelle. Votre message orienté est
nuisible, car il est une incitation à la haine raciale.
Je suis donc mandaté pour vous demander de
bien vouloir nous fournir quelques exemples concrets de massacres, c'est
à dire pour chacun le lieu, la date (au moins l'année) le numéro du régiment
concerné, etc... Car vous ne pouvez à la fois prétendre que ce scénario
repose sur des faits réels et refuser d'en apporter la preuve !
Nous nous chargerons de la suite à donner.
Dans l'espoir que vous ne fuirez pas votre
responsabilité, je vous prie de recevoir mes salutations.
Général de corps d'armée (cr) Bernard
GILLIS Délégué National du CDCAFN
[1]
Cercle pour la Défense des Combattants d'AFN (CDCAFN) Secrétariat
National : Association Soutien à l'Armée Française (ASAF) 18 rue de Vézelay
75008 PARIS Tel : 01 42 25 48 43 Fax : 01 42 25 28 02
- Fédération Nationale
des Anciens d'Outre-mer et Anciens Combattants des Troupes de Marine
- Association Soutien à
l'Armée Française
- Association des Anciens
des Affaires Algériennes (les SAS)
- Union Nationale des
Parachutistes
- Droits des Religieux
Anciens Combattants
- Promotion "Victoire
1945"
- Association "La
Koumia"
- Union Nationale des
Anciens Combattants d'Indochine, des TOE et d'AFN
- Conseil National des
Français Musulmans
- Union des Blessés de la
Face et de la Tête "Gueules Cassées"
- Fédération des Sociétés
des Anciens de la Légion Etrangère
- Union Nationale des
Combattants
- Souvenir de l'Armée
d'Afrique
- Union Nationale de
l'Arme Blindée Cavalerie Chars
- Amicale des Anciens des
Services Spéciaux de la Défense Nationale
- Fédération Nationale
des Associations Parachutistes
- Fédération Nationale
de l'Artillerie.
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Un
article interressant relayé par Jean-Hugues.
François Meyer outré par le film
"L'ennemi intime"
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Honte à ce metteur en scène et
à cette professeur qui insultent et s'ingénient à dénigrer
l'armée française en Algérie alors qu'il n'a pas vécu
cette guerre puisqu'il n'avait que 8 ans.
A vous de juger!
JH.
Spectateur avisé des films antimilitaristes, François
nous livre une analyse qui contredit les déclarations de
Rotman et le dossier pédagogique diffusé dans les lycées et
collèges.
| "L'ENNEMI INTIME", encore et
toujours. |
Au risque de surprendre, je
ferai un aveu. Trois fois je suis allé voir cette fiction.
D'abord, j'en suis ressorti outré. Silencieux. Malgré tout
j'y suis retourné, pour me faire, sans émotion, une opinion.
Attentif, rien, je crois, ne m'a échappé. Avec quelques
spectateurs, comme moi restés jusqu'au bout, et ressortis en
silence. Rien de stimulant à se dire ! Je m'y suis alors
rendu seul pour noter quelques impressions. A mon avis, il
n'est pas indispensable de s'y rendre… Bientôt la télévision
nous le montrera, et à une heure de grande écoute.
Je n'ai jamais vécu pareille
violence en Algérie. Ce film est "énorme" et dégradant.
C'est une contrevérité militante, déguisée en préoccupation
de morale, une fiction passionnément hostile et injuste pour
les combattants français. Dans la tradition antimilitariste
de l'extrême gauche. C'est toujours le combat que mènent
Rotman et ses amis pour façonner l'opinion des jeunes.
C'est une énorme violence, par une accumulation de sévices
et de brutalités. Une démesure tellement excessive
qu'elle en paraît peu vraisemblable.
Ce film veut faire de "l'américain", faire
"Platoon" en l'Algérie comme au Viêtnam. Un cinéma
de fureur, "torrentiel, outrageusement esthétique, avec
une violence omniprésente" comme dit Benjamin Stora,
justement à propos du Viêtnam. Mais le cinéma américain
aime aussi à héroïser ses soldats, tandis que Rotman vise
à culpabiliser.
C'est : tortures, massacres,
napalm et corvées de bois. L'histoire d'un jeune officier
innocent qui finit par torturer lui-même avec un acharnement
dément. Il poursuit un certain Slimane, dont on apprend pour
finir qu'il est mort.
Rotman déclare avoir abandonné
ici tout manichéisme. Pour preuve, au début du film, il
montre de pauvres villageois égorgés par le FLN. Mais
ensuite, et deux heures durant, il nous donne à voir les
atrocités des Français, des corps nus, des cris et du sang,
"la grande impunité des militaires" selon la
formule de Raphaëlle Branche. Que d'images inoubliables ! Le
basculement progressif du lieutenant dans l'horreur de la
guerre venant servir d'alibi moral à cette fiction d'atrocités.
Signaler les incohérences factuelles du scénario ou de la
mise en scène ne présente pas tant d'intérêt qu'on s'y
attarde, tant l'essentiel n'est pas là. C'est un film
politique, mensonger et néfaste. Pour établir chez un jeune
peu averti cette guerre comme injuste et sans raison d'être,
pour montrer ainsi la faute collective des Français, Rotman
affiche que le FLN voulait dès le début négocier, ce qui
est particulièrement faux. Le FLN voulait l'indépendance
totale, et immédiate. Mais Rotman avait huit ans. Il ne se
souvient pas bien. Le FLN multipliait les exactions - je pense
aux massacres d'El Halia en août 1955 - le gouvernement dût
dépêcher des soldats français pour rechercher les
terroristes et protéger la population.
Rotman poursuit encore :
pourquoi refuser à l'Algérie cette indépendance que
l'on avait accordée au Maroc et à la Tunisie ?
Pourquoi cette guerre ignoble? Comme s'il ne se posait pas
dans l'Algérie d'alors un problème autrement difficile.
"La France se rendait là coupable de discrimination !
" ajoute la professeure, auteur du dossier pédagogique
d'accompagnement du film.
Et toujours, pour souligner le
caractère criminel de cette guerre "imposée" par
la France, Rotman affiche à côté des pertes françaises,
25.000 morts, celles de 300 à 600.000 Algériens. Différence
impressionnante, un massacre, exemple tendancieux. Le ministère
algérien des combattants retient 145.000 morts. C'est à coup
sûr beaucoup, mais justement, bien assez. Quant aux pertes
civiles, on ne les évalue pas plus précisément que le
nombre des harkis massacrés.
C'est aussi un film profondément hostile aux combattants
français. Il donne des hommes du FLN une image de vigueur et
d'efficacité. Implacable, le combattant de l'indépendance
surprend les Français. Il ouvre sur eux, toujours à la
mitrailleuse, un feu puissant et ravageur. Il tue, il est
redoutable. On ne l'aperçoit d'ailleurs que de loin. En
groupes fantastiques, sinon en hallucinations. Et si à demi
brûlé, on le voit mourir, il est toujours digne, il fait ses
prières.
En revanche, on voit le soldat
français toujours surpris, inquiet, alarmé. Il est pris à
revers, il se replie, il se met à l'abri, il s'écroule, il
est gibier, son souffle est tremblant, il appelle au secours.
Les camarades tombent, il y a des morts, des blessés. Tous,
ils ne seront sauvés que par l'emploi du napalm. Bref, c'est
un soldat pitoyable, et sa brutalité n'en est que plus méprisable.
Intimement hostile au
combattant de la guerre d'Algérie, Rotman nous montre en
alternance toutes les formes de ses violences, c'est napalm,
massacres ou "corvées de bois", puis au retour au
poste, c'est beuveries en musique, saouleries vulgaires, systématiques,
et torture pour les prisonniers. Pour notre professeure,
c'est d'ailleurs le "tableau fidèle de l'armée française
de 1959" !
Mieux encore, le film commence par une méprise. Le jeune
lieutenant venait remplacer un officier tué par un groupe de
sa propre section. On nous montre, non sans dérision, les obsèques
de ce "mort pour la France" sur le cercueil duquel
on épingle la légion d'honneur.
C'est enfin l'extension de la méthode
de Rotman. On connaît "La guerre sans nom" de 1992,
et "L'ennemi intime", ce documentaire de 2.002 que
nous repasse souvent la télévision. C'est toujours le
recueil de témoignages suscités, en réponse à des
questions insinuantes et libératrices. Combien après
quarante ans, qui n'ont qu'entendu dire, en viennent à déclarer
avoir vu ? Les relations à charge sont conservées, regroupées.
Pas d'enquêtes ni recherches historiques. Peu à peu se forge
la conviction. Pour couper court au reproche d'inexactitude,
on choisit alors la fiction. Elle autorise sa part de
subjectivité. Elle est émanation de la conscience intime.
Elle permet l'occultation de ce qui pourrait déranger.
Ainsi que le regroupement, la concentration des séquences
fortes qui renforcent le pouvoir compassionnel. Tout est
avantage. On comprend ce choix.
Je ne dirai pas ici de mal des
interprètes. Ils sont excellents. Télérama nous apprend que
Benoît Magimel, le jeune lieutenant, rêve de rejoindre la télévision
"pour l'utiliser comme un outil politique". On est
prévenu. Quand au sergent Dougnac, Albert Dupontel, le
journal du dimanche nous révèle qu'au temps de la
conscription, il était réformé. Mais de toutes façons, ce
film est grandiose et fera date. C'est l'avis du Figaro
Magazine.
Plus significative me semble la mise en place d'un dossier
d'accompagnement pédagogique de 18 pages, commentaires et
justification du message de Rotman. Pour quel objectif ?
La
presse nous apprend aussi que "l'ennemi intime émeut les
jeunes d'origine algérienne". C'est justement à eux que
je pense. Comment peuvent-ils avoir envie de rejoindre d'une
manière ou d'une autre une nation coupable de tant de
forfaits, aussi peu fière d'elle-même et respectueuse de ses
soldats et de ses morts ? Quelle communauté affective, quel
"vivre ensemble" demain ?
Patrick Rotman s'était fait
connaître autrefois par un livre : "Les porteurs de
valise. La résistance à la guerre d'Algérie".
L'histoire du peuple algérien, victorieux dans sa lutte,
telle qu'elle est enseignée à Alger, va-t-elle
inspirer peu à peu en France l'histoire du peuple français
?
François MEYER
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