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Le
jeu du triangle :
Sur
un terrain de terre battue style pétanque nous tracions un triangle équilatéral
de 2 palmes (avec la main) de côté. A 5 mètres de là, une ligne de départ.
Le joueur se plaçait sur la ligne et lançait sa bille à proximité du
triangle dans lequel chaque joueur avait mis 2, 3 ou 5 billes et qui
contenait donc « la banque », nombre variable de 4 (2 billes
pour 2 joueurs) à 15 billes par exemples (5 billes pour 3 joueurs).
Lorsque les 3 joueurs avaient placé leur bille auprès du triangle, le
premier reprenait sa bille et d’un geste du pouce (comme pour lancer
une pièce en l’air) le poignet posé au sol, essayait de frapper avec
sa bille celles qui se trouvaient dans la banque. Toute bille sortie des
limites du triangle était gagnée, toute bille restée dans le triangle
y demeurait. La partie se terminait lorsque le triangle était
vide, et … reprenait.
Le
trou :
Ce
jeu partait du même principe que le précédent mais, à la place du
triangle, il fallait creuser un trou profond… mais pas trop, évasé…
mais sans plus, afin de permettre
au joueur de lancer sa bille d’un coup de pouce pour faire sauter hors
du trou celles qui s’y trouvaient. Lorsque le joueur était tout près
du trou, il était autorisé à poser son poing gauche verticalement sur
le sol, le poing droit venant se placer dessus donnant ainsi un meilleur
angle pour tirer dans le trou. Ces parties
de Triangle et de Trou ne donnaient pas lieu à de grandes
« peleas ». Il y fallait de la concentration, de la finesse
(s’approcher du Triangle ou du Trou sans y rentrer), de l’adresse et
un très bon « fouetté » du pouce. Il n’en allait pas de
même dans le jeu de la « jolata » qui demandait cependant
un grande adresse.
La
« Jolata » :
était
constituée par un couvercle de boîte de conserves, type petits pois.
Un cercle de 2 palmes de diamètre
était tracé sur la terre battue, la jolata était placée au
centre du cercle. A 6 pas, la ligne de lancer. Le premier joueur lançait
sa bille et essayait de se placer assez près … mais pas trop, du
cercle (1 mètre environ). Le deuxième joueur avait 2 options :
-
- se placer assez loin du premier qui alors tirerait.
-
- Essayer de toucher la
jolata, ce qui lui donnerait la priorité
pour tirer.
Le
tir :
Lorsque
c’était son tour de tirer (soit par tour normal soit parce qu’il
avait touché la jolata) le tireur, comme à la pétanque, devait faire
un carreau sur la bille du tiré. Il fallait donc toucher à 3 ou 4 mètres,
une bille de 1 cm de diamètre avec une bille toute aussi petite. Les
bons tireurs faisaient mouche 8 fois sur 10. Le tiré plaçait son pied
sur la tranche verticalement à 30 cm derrière
sa bille pour éviter que les billes ne partent dans la nature.
Lorsque
la distance tireur-tiré excédait les 4 mètres le tireur pouvait
s’en rapprocher en tirant d’abord sur la Jolata pour envoyer sa
bille près de celle du tiré. A moins de 50 cm on tirait avec le pouce.
Les motifs de disputes étaient là plus fréquents :
-
-
t’y as pas touché la Jolata,
-
-
menteur, j’ai entendu le bruit,
-
-
le bruit, qu’é bruit…
-
-
j’te jure sur la tête de ma mère…
-
-
ta mère ! ta mère ! bon, çà va, rocomance !
ou
alors :
-
pourquoi t’ias levé le pied que main’nant ma bille elle
s’est perdue,
-
pos, pour le placer mieux,
-
menteur, embustero, toujours tu fais ça,
-
main non, c’est toi que t’ié trop pressé,
-
je vais te faire ‘oir,
-
qu’est-ce t’ia, t’ia beaucoup, t’ia beaucoup ?
-
Alors c’est fini vos tonterias, la voilà ta bille… allez on
continue.
Mais
le pire était le « bonne qui dégouline » ou « mauvaise
qui dégouline » lorsqu’une bille en bout de course, du fait du
terrain, se mettait à reculer (à dégouliner) cela pouvait s’avérer
avantageux ou néfaste pour l’un des joueurs ou pour l’autre. Si le
premier criait : « bonne qui dégouline », on laissait
rouler la bille. Si c’était :« mauvaise qui dégouline »,
on bloquait la bille avec son pied. Je vous laisse deviner « lo
que se armaba » lorsque les deux joueurs avaient crié en même
temps ; «Bonne… Mauvaise… qui dégouline» :
-
tricheur, tramposo, bourriquot,
-
poca vergûensa, calamar, pulpo, esquelette,
-
sipote, tonto la vela, manchot,
-
cuatro ojos, tuerto, bisouche,
-
ah, ça ! ah, ça ! T’ia pas droit…
Ca
ne vous rappelle rien… l’habitude quoi !
Texte de Antoine ALBALADEJO |