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Les jeux au HLM " Cité des Jardins " Gambetta |
LE CERF-VOLANT - LA BILOTCHA
Fin
mars début avril, à l’annonce du printemps, une excitation particulière
nous animait. A cette période , Dans tous les quartiers d’ORAN,
et pour moi dans les H.L.M de Gambetta, le moment de la mona, ce gâteau
au parfum d’orange était arrivé et nos mamans s’empressaient de pétrir
la pâte, qu’il fallait ensuite amener chez le boulanger. C’était
aussi, le temps pour nos papa, nos grands père, ou nous même, de
fabriquer les cerfs volants… autrement dit « la bilotcha »……… Quelques
roseaux fendus par leur milieux serviraient d’ossature, 2 à 3 bobines
de ficelles achetées à la hâte dans notre droguerie du bâtiment B5,
du papier glacé de différente couleur choisie judicieusement, un
flacon de colle arabic (qui remplaçait le mélange de farine et
d’eau) dans la librairie du bâtiment B9 . Il
ne nous restait plus qu’a encourager nos parents, et le travail
commencerai. Dans
notre famille ce travail incombait à mon grand père maternel qui
satisfaisait de bonne grâce à ces travaux, Nous étions tous tellement
attentif a le voir œuvrer, c’était pour nous un véritable émerveillement. Il
y avait la possibilité de construire 3 modèles de base.. |
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Le Bacalao (la morue) simple et rapide à fabriquer mais peu esthétique et difficile à tenir au vent |
Le Barilete ( le barillet ) un peu plus évolué, avec possibilité de varier légèrement sa forme, d’usage courant et assez stable en vol |
La Luna (La lune) le plus compliqué, mais aussi le plus esthétique, celui qui nous faisait rêver, il était toutefois un peu plus compliqué à tenir en vol……. |
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Le
choix des couleurs affirmait souvent, soit une identité, soit une
appartenance à un quartier, à un club ou à une lubie personnelle. Le
« rabo » (la queue) composée d’un assemblage de vieux
chiffons noués à la suite les uns des autres. De sa longueur, dépendait
un bon équilibre de sa tenue en vol (plus
le vent soufflait, plus le rabo prenait de la longueur) il
était fixé sur la partie basse de la bilotcha, afin d’équilibrer la
force de traction des bretelles, attachées sur la partie haute et nouées
en leur centre, puis reliée à la bobine de fil. |
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De ses journées passées à faire voler nos bilotchas, Il me reste le souvenir, de messages envoyés au cœur du cerf-volant. Un morceau de papier journal « l’Echo d’Oran » troué dans son milieu. Il fallait le passer à travers la bobine, l’aider un peu en le poussant sur le fil tendu, et tout à coup il filait le long du fil, poussé par le vent jusqu’au nœud des bretelles…..
Pendant la durée du vol, notre attention devait rester vigilante, surtout à la venue d’enfants étrangers à notre quartier.
Certains petits malins, ventant les mérites de notre cerf-volant, glorifiant la vitesse de montée des messages etc.. |
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Réussissaient
à tromper notre vigilance, et une fois suffisamment proche, ils
sortaient un canif, ou un outils tranchant, et sectionnaient notre fil..
Au cri de : « corta hilo !! » ils s’enfuyaient
en rigolant.. Notre belle bilotcha finissait parfois son vol sur une ligne électrique, un arbre ou un bâtiment… A charge de revanche !...
Texte et dessins de Yves PASTOR |
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