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Les jeux au HLM " Cité des Jardins " Gambetta |
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CAPITOULE ! Nous
pratiquions aussi à Delmonte un jeu dont je n’ai jamais bien compris
les subtilités, mais qui a fait de ses pratiquants d’excellents
coureurs de 400 et de 800 mètres. Il
s’agit de Capitoule ! Et d’abord d’où nous venait ce mot étrange ?
Rien à voir, je pense avec des fleurs réunies en capitule, ni avec ces
petits textes tirés de l’Ecriture Sainte que l’on récitait toutes les
heures , non plus qu’avec les ordonnances capitulaires des anciens rois
dits fainéants ou avec un soldat suisse au service de la France. Alors !
s’agissait-il d’une simple capitulation, lorsqu’un camp cède ou
abandonne une position… il me semble qu’on se rapproche. Quoi
qu’il en soit cela se jouait le soir, alors que les parents prenaient le
frais sur le trottoir, donc à la belle saison… qui durait si longtemps chez
nous. Après avoir fait une ou deux parties de VINAGRE et de CHINCHIRINBOLA, un des grands de 15 ans se levait et décidait : « on va jouer à CAPITOULE (1), |
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je prends une équipe, Jojo tu fais l’autre. Allez on fait les pas » .
C’était alors le face à face connu à 5/6 mètres l’un de l’autre,
avançant pied à pied jusqu’à ce que la pointe du pied de l’un monte sur
celle de l’autre (bon, d’accord, ce n’est pas de la grande littérature,
mais essayez d’expliquer çà plus sobrement … et puis, leche !
j’ai déjà raconté comment on faisait les équipes).
Le
vainqueur choisissait son premier équipier et ainsi à tour de rôle jusqu’à
épuisement des 25 à 30 gamins. Au signal, une équipe rejoignait le coin de
la rue, groupée, et l’autre le coin suivant. Après un temps raisonnable
pour permettre le regroupement de chaque équipe, le Capitaine de l’une
d’elles faisait crier « CA…PI...TOULE… » à son équipe qui
partait alors au galop autour du pâté
de maisons, poursuivie par l’autre. A un certain moment, l’autre capitaine
criait à son tour « CA…PI…TOULE… » et les rôles
s’inversaient, les poursuivants devenaient poursuivis. S’agissait-il de
« faire des prisonniers » ? J’avoue avoir joué, c’est à
dire couru comme un dératé de 11 à 15 ans au sein du groupe, sans jamais
avoir compris le but de ce jeu. Mais qu ‘ importe ! On se donnait de
bonnes « pancha » de rigolade, on courait, on se bousculait, bref
on se défoulait un bon coup. Et
certains soirs pour corser l’affaire, lorsque les deux équipes, mélangées,
ne s’y retrouvaient plus, l’un d’entre nous criait « A SAINT
EUGENE !! », nous partions alors dans une course effrénée, pénétrant
en vociférant, toujours courant, dans les immeubles cossus comme dans les
cours populaires, rentrant par une porte, sortant par l’autre, apostrophés
par les : « encore ces voyous
des Habitations Bon Marché ( nom des premiers
H.L.M.) de Delmonte, vous avez fini avec vos tonterias ». Mais la
meute passait, poursuivant sa ronde folle. Contrairement
aux envahisseurs habituels, nous ne cassions rien au passage. Nous
n’étions qu’une horde de poulains sauvages, ivres de liberté, de
vitesse, de cris et de rires et lorsque la razzia terminée nous descendions
comme des fous le boulevard Vauchez, emportés par la pente, à huit de front,
tenant toute la route, le roi n’était pas notre cousin. Ah
ces grandes chevauchées au milieu des copains sous les étoiles d’Oran ! Que
nous étions enfants ! Que nous étions heureux… Pierrot,
Marc, Claude, Yvon, Gilbert, Toinou, Charlie, Roger, Jojo, Dédé, Norbert,
Jean-Pierre, Paulo, Lucien, Lolo, René, Jannot, Guy, Rapahël, Sauveur, André
… et tous les autres … Vous vous rappelez … (1)
Rien à voir non plus avec le parallèle que j’ai osé, à Toulouse, entre
CAPITOLE et notre CAPITOULE… RIEN Texte de Antoine ALBALADEJO |
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