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1962 Une belle histoire

1962 Un triste départ…

 

Je m’en souviens, nous étions en Algérie,

Dans ton couffin, tu dormais les yeux fermés.

Allongée prés de toi, maman m’a souri,

Impatient, inquiet, je me suis exclamé. !

 

C’est notre bébé ? Chérie, notre poupon ?

Son regard, à cet instant, je le revois encore,

Serein, plein de tendresse comme un pardon,

Contre moi, ce jour là je l’ai serré très fort.

 

Quel beau spectacle, une mère et son enfant,

Avec, pour musique de fond, ton premier cri.

Quel merveilleux décor et pourtant,

Je m’en souviens, nous étions en Algérie

 

Oran, notre ville bruyante, tourmentée,

Vivre au quotidien dans l’indifférence, 

Telle était cette longue et triste réalité

Un sombre destin pour notre France.

 

Tu ne pouvais savoir, dans ton couffin

Que la guerre dans les rues nous interpeller

Sécurité, barrages, contrôles sans fin

Nous vivions ces contraintes sans s’affoler.

 

Enfin, après tant de mois, d’attente,

La cigogne dans son nid a déposé

Tout  prés d’une jeune maman impatiente

Ce cadeau du ciel, son nouveau né.

 

La douce fraîcheur de ce mois de Mars

Lentement s’en est allée, laissant au printemps

Avec sagesse et sérénité, sa légitime place.

Ainsi, démarrait notre nouveau feuilleton.

 

Dans la douleur, de ce stupide drame,

Trois mois après, sans l’avoir désiré

Sur le port, en retenant mes larmes,

J’avais fait ce choix, pour vous sécuriser.

 

Voilà ma fille, le doux récit de ta naissance,

Tu n’as aucun souvenir de cette Algérie,

Si, pour toi, ce pays n’a aucune importance

Maman elle, s’en souviendra toute sa vie.

 

Papa aussi …..  Pourquoi si tard ?...

 

 

Jacques    septembre 2007