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L'AERONAVALE EN ALGERIE La 28F 1. Les débuts en Afrique du NordDès
son arrivée en Afrique du Nord, la 28F prend part aux opérations de
maintien de l'ordre. Alors que le premier Privateer
a
quitté l'Indochine le 7 mars 56 (et le dernier le 4 avril), la première
opération en Afrique du Nord est effectuée le 10 avril (reconnaissance
côtière), et la première mission de surveillance maritime (SURMAR) le
7 mai. Tout
en continuant son activité en SURMAR, la flottille recommence son entraînement
au bombardement le 6 juin. Le
20 août, le premier Privateer
va
à Télergma, et le premier bombardement de la 28F dans le cadre des opérations
en Dans
ce début de séjour, l'activité de la flottille se répartit donc en
trois de types de missions; l'entraînement ASM, la SURMAR et le
bombardement. ASM: l'entraînement débute en mai 56. Il est abandonné
brutalement au cours de Après un stage GASM en 58, cette activité ira en diminuant jusqu'à devenir insignifiante. SURMAR : elle partage - souvent avec difficulté, l'activité de la flottille avec les missions du GATAC. L'activité
en Surmar reprend ensuite, mais sporadiquement. Dès la fin 1956, le
potentiel alloué était tombe à 50 heures, puis remonte à 75 heures. A
partir de mars 1959, on peut dire que ce genre de missions a également
disparu des activités de la 28F. |
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2.
La 28F et le GATAC Le
travail de la 28F en Algérie a été moins marquant qu'en Indochine,
mais tout aussi valable et rentable. Il n'y a que peu de faits
saillants, mais par contre une obscure routine, une permanence
continuelle, de nuit sur l'un, puis sur les deux barrages. Ceci provient
de plusieurs facteurs. En premier lieu, les moyens dont dispose l'Armée
de l'Air en Algérie sont plus importants que ceux dont elle disposait
en Indochine. En second lieu, elle joue le jeu beaucoup plus qu'en
Indochine. Par conséquent, et dès 1956, il n'a presque jamais été nécessaire
de boucher les trous avec les Privateer.
Ce qui élimine la quasi totalité des appuis directs de jour. Enfin, le
degré d'armement et de concentration des rebelles en Algérie est bien
plus faible que celui du Viet Minh à l'époque où la flottille fait sa
transformation sur Privateer.
Quant aux objectifs, il est
La
vérité est que cette guerre est menée d'une manière beaucoup plus économique
qu'en Indochine. Sur un objectif que l'on traitait avec une demi
douzaine de B-26 et Privateer
chargés
en bombes de 260 lbs V.T., on met maintenant deux T6, ou à la rigueur,
deux Corsair
en
roquettes. Ceci démarre alors un cercle vicieux: après avoir recommencé
son entraînement au bombardement sur les Fratelli, le commandement juge
que le fait de placer ses bombes sur un îlot parfaitement visible au
milieu de la mer ne constitue pas le moins du monde un test de
qualification opérationnelle. Les détachements de Privateer
à
Télergma (région de Constantine) sont donc organisés afin de
permettre à la formation d'effectuer quelques missions réelles. Il
semble que l'utilisation du Privateer
par
des gens habitués à manipuler du T6 n'ait pas été des plus
heureuses. Un certain nombre de missions de jour n'ont pas eu les résultats
auxquels la 28F avait habitué ses utilisateurs, simplement par cause
d'insuffisance des briefings.
On
en revient donc à l'utilisation nocturne de l'appareil, ce qui
n'augmente pas l'entraînement des bombardiers. C'est le cercle vicieux
qui conduit à ne plus utiliser de jour un appareil parfaitement qualifié
pour le bombardement de jour. Si
l'Indochine est le pays du cumulonimbus, l'Algérie est celui des
rabattants. Séduit par le nombre élevé de mitrailleuses de 12,7 mm
que le Privateer
peut
mettre en oeuvre, le GATAC essaie de les utiliser en reconnaissance armée. Et c'est le drame du 21 mai 1957: le Privateer
28F4
(chef de bord: EV1 SURET) (un numéro tristement prédestiné) s'écrase
au sol au cours d'une mission de reconnaissance armée dans les Aurès.
Dès
le mois d'août 1957, le GATAC 2, à son tour, demande des Privateer.
Le 23 octobre, le premier appareil destiné à travailler avec ce GATAC
se pose à Lartigue. La procédure d'utilisation est loin d'être
simple: l'appareil vient en SURMAR. Pour ses bombardements, il décolle
de Lartigue, va se poser à la Sénia où le chargement est effectué,
redécolle de la Sénia, exécute sa mission et rentre se poser à
Lartigue. Ces périples dureront jusqu'à ce que Lartigue ait constitué
un stock de bombes. Peu
à peu, l'utilisation par les GATAC évolue sur trois points: en premier
lieu vers l'absorption totale du potentiel disponible; en second lieu,
les missions de jour sur objectifs divers cèdent la place aux missions
de reconnaissance systématique de nuit sur les barrages et, enfin, en
mai 1958, les lucioles font leur apparition.
A
partir du début de 1959, deux Privateer sont stationnés en
permanence à Lartigue puis, au mois d'avril, deux également à Télergma.
Au cours de l'été de cette même année, le bombardement cède définitivement
la place au "luciolage".
Photo
souvenir d'un marin devant un Lighting de passage sur la BAN de Lartigue
(Algérie),
en 1946.
D'ailleurs,
sur la fin, les Privateer
sont bien diminués: les moteurs " neufs " révisés en
France sont très loin de donner toute leur puissance. L'avion que l'on
avait connu, montant sans trop de problèmes à 20000 pieds avec 12
bombes de 500 livres est devenu un veau, pour lequel monter à 10000
pieds avec quatre 250 livres est un exploit. Une chose parfaitement
inconnue en Indochine fait son apparition: des moteurs qui chauffent.
Cependant, les températures ambiantes sont comparables... Les deux
tourelles dorsales ont disparu depuis quelques années. Le matériel de
bord arrive à échéance et n'est pas remplacé ni entretenu, faute de
pièces de rechanges. Les viseurs Norden deviennent ainsi des engins qui
figurent à l'inventaire avion, mais avec lesquels il serait difficile
d'effectuer le moindre bombardement. Les Flux Gate sont à
peu près dans le même état. Il est grandement temps de remplacer ces
appareils. Les Privateer
quittent Lartigue et le barrage ouest le 1er octobre 1960 et le
31 décembre, le dernier Privateer
cesse toute activité opérationnelle après dix ans de services
opérationnels.
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3.
Les barrages
Or,
si tout le monde a lu "Le Grand Cirque" ou les
"Carnets" de Mouchotte, il a fallu quelques auteurs
d'envergure, tels que ceux de "La Vallée Heureuse", "Les
briseurs de barrages" ou "le Navigateur" pour attirer
l'attention du grand public sur
Quant
à l'aviation A.S.M. qui, elle aussi, a durement trimé durant cette même
période personne ne s'en souvient plus :
Il
en est de même pour la 28F Indochine et la 28F Algérie. Le travail que
l'on exige de cette flottille en Afrique du nord demande beaucoup plus
d'abnégation que celui qu'elle a fourni en Indochine, mais ce travail
n'a pas le même retentissement. Durant des mois et des mois les équipes
au sol ont travaillent de jour et de nuit, 7 jours sur 7,
Ne
voler que de nuit, effectuer des heures et des heures de faction à
l'est ou à l'ouest, avec de temps en temps un
Durant
des heures et des heures, ce n'est que "Tch - Tch" (puis 2 ou
3 coups de sifflet) ... Avion, Avion (ou César pour les évolués), ici
liquidation Carmin, liquidation Carmin, avez vous quelque chose pour moi
? - Je n'ai rien pour vous - Et, dans
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4.
Adieux aux Privateer
De
même que son prédécesseur, le Catalina
8F, le Privateer
de la 28F va mourir à Karouba. Ce n'est pas sans une
certaine tristesse que ses vieux camarades l'abandonnent au parc à
ferraille. Il a pourtant ses défauts. On lui reproche ses moteurs à
peine suffisants, ses équipements de navigation un peu rudimentaires.
Il était bon à des tas de choses, sans être vraiment spécialisé en
rien. Mais tel qu'il était, tout le monde l'aimait.
La
28F, pas morte, reprend un nouveau départ sur P2V6 Neptune. C'est une
charge lourde pour l'appareil. Car s'il hérite de la gloire de ses deux
prédécesseurs Catalina
et Privateer, il faut aussi qu'il se montre à la hauteur de
ceux-ci: noblesse oblige.
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5.
Les Neptune en Afrique du Nord Dissolution de la 28F Dès le 1er janvier 1961, les équipages sont formés sur P2V6 Neptune
et poursuivent leurs missions de surveillance Jusqu’au
cessez le feu. Affectée à l'été 1962 sur la base aéronautique
navale de Nîmes Garons (Gard), l'activité de la Flottille 28F se limitée
à l'entraînement de temps de paix et à la lutte anti sous-marine.
Dissoute le 6 avril 1963 après presque 20 ans d'activité intense sur
de nombreux théâtres d'opérations, l'amiral BEAUDOIN, Préfet
maritime de Toulon s'incline dans son ordre du jour devant " les
morts dont le sacrifice a contribué à maintenir les traditions de
courage et de dévouement à l'Aéronautique Navale ". Paris,
le 29 mars 1963 MINISTERE
DES ARMEES " MARINE " ETAT-MAJOR Division
Aéronautique Navale Bureau
des Etudes Générales Section
Organisation - Mobilisation Division
Opérations 3ème
Bureau Division
des Ports et Bases Service
Central de l'Aéronautique Navale DIRECTION
DU PERSONNEL MILITAIRE
DE LA MARINE DIRECTION
CENTRALE DU
D
E C I S I O N OBJET
: Flottilles de P2V6. La
Flottille 28F sera dissoute le 15 Avril 1963. Le
6ème Groupe d'Aéronautique Navale et les Flottilles 21 F et 22 F
seront affectées à la Base de NIMES-GARONS le 15 Mai 1963. Pour
l'Amiral G. CABANIER P.O.
Le Vice-amiral d'Escadre PATOU Signé:
PATOU
DESTINATAIRES
: AL/PA (2) - AERO NIMES-GARONS (5 dont 1 pour 6 F - 1 pour 28F et 1 en
réserve pour BERRE). Sources
RP
http://www.netmarine.net/aero/unites/28f/histoire/ant31.htm http://www.anac-fr.com/algerie/alg_50.htm http://aerostories2.free.fr/goodies/screens/algerie/ http://aerostories.free.fr/events/algerie/algerie03/ http://www.pfiquet.be/elo345.htm http://www.piednoir.net/guelma/culture/heitz.html http://www.symboles-et-traditions.com/articlesmembres/targui/lpa/pagesouvenirs.htm http://membres.lycos.fr/insignesaviation/home1.htm http://www.netmarine.net/aero/unites/28f/histoire/ant28.htm http://www.flottille9f.net/cd/karouba.htm http://www.netmarine.net/aero/unites/17f/histoire.htm
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