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Cinq Juillet 1962  par    JF Paya 

Chers Compatriotes difficile d’avoir un débat sur ce dossier que je suis depuis + de 40 ans primitivement sur le terrain

puisque je suis resté a Oran jusqu’en 65 au service de la marine nationale à mers-el-kébir cette dernière qui m'avait mis

en "dispo" en 62 pour assurer liaisons avec informateurs musulmans alliés jusqu'a l'indépendance /m’a réintégré

puis plus tard décoré pour services rendus sans rien vouloir savoir de ce dossier occulté Voila n’étant pas écrivain ni "docteur

en histoire" j’ai communiqué comme j’ai pu avec bien sur l’hostilité coté algérien gauchos LDH mais aussi gaulliste

et militaire même favorables tant ils ont en honte ! J’ai cependant largement démontré que la responsabilité que certains

voulaient nous imputer n’était pas de notre fait ni celui de l’OAS mais seulement due aux rivalités internes du FLN

et de l’ALN extérieure qui procédait a un putsch contre le GPRA qui avait ces partisans a Oran /  Etant nul en informatique

certains compatriotes/ dont vous /avez diffusé certains de mes textes qui sont a la disposition et soumis a la critique

de tous je continuerai de le faire jusqu'à la fin des fins  Bien cordialement   et encore bravo pour votre  Site

 

Jean-François Paya

 

NB /   En PJ   Un article en réponse à la revue "l'HISTOIRE"  sur le sois disant "accaparement des terres en Algérie"

qui bien sur ne l'a pas publié mais a quant même fait un rectificatif pour la photo de" la ferme école" présentée

comme "une plantation cossue" / Article publié seulement dans "la Gazette d'Ain-Témouchent"

Cinq Juillet 1962  par    JF Paya 

réponse à vos messages du 14 janvier

 

Les évaluations chiffrées de Chevènement ne me paraissent pas fiables, elles sont d'ailleurs différentes de celles du consul Herly.

A mon avis, il faut prendre en compte les listes nominatives  de disparus :

1. une liste incomplète du CICR, citée dans mon livre la Croix-rouge pendant la guerre d'Algérie : 265 noms.

2. Les listes consultées par Monneret au SHD : 365 décès.

3. Les demandes des familles adressées aux Affaires étrangères : 419 dossiers de disparus du 5 au 8 juillet pour le département d'Oran,

réduites à 331 décédés (dont 270 pour la seule commune d'Oran et 60 cas estimés incertains).

Par rapport à Monneret, il manque 34 décédés, ce qui pourrait correspondre aux personnes non signalées (familles parties).

A mon avis, il ne faut pas exagérer le nombre des célibataires sans famille de rattachement.

Mon Général

Merci infiniment pour votre réponse je vous renouvelle mes vœux pour 2008 ce n'est pas tant le débat sur le chiffrage qui me pose problème que celui sur les circonstances de ces massacres/Pour le chiffrage autour de 800 disparus il correspond bien à celui évoqué à l'époque au consulat d'Oran et aussi officieusement du coté Algérien (dernièrement au "colloque de Lyon" + de 700 admis par "historiens" Algériens ) L'ex Consul Herly avait signalé prés de 400"plaintes" déposées au consulat mais j'ai la preuve qu'une plainte pouvait comporter plusieurs personnes d'une même famille ? pour ma part j'avais déposé une plainte pour v2 personnes/Aussi lorsque je parle "d'archives" chères aux historiens pour moi il s'agirait des registres originaux du consulat et non de listings à postériori / J Monneret ne parle pas de décès mais "d'enlèvements" porté a la connaissance du 2em bureau /collation des JMO de routine de certaines unités et non d'une enquête globale qui n'a pas eu lieu (si non il l'aurait donné en annexe ) donc ce chiffre reste aussi aléatoire et les familles affolées ne se sont pas toujours adressées a des unités de l'armée trouvant même souvent plus efficace de s'adresser directement aux éléments du nouveau pouvoir Algérien (ALN / FLN ) tout cela dans un grand désordre qui ne permet pas d'avoir des références fiables aujourd'hui.  Au sujet des chefs de famille et célibataires resté seuls à Oran on ne peut pas sous estimer leur nombre rien que pour ma région plus de la moitié des chefs de familles étaient resté seuls en Oranie et une estimation d'après les autorisations de sorties et les bureaux de vote du 1er juillet (où beaucoup d'européens présents ont été voter donne les mêmes résultats) Il faut aussi savoir que beaucoup de "déclarations d'absence" (+ tard converties en jugements déclaratifs de décès) n'ont pu être "ciblées" du "5 au 8 juillet" mais déclarés à des dates inconnues en métropole (le recensement de ces jugements serait intéressant.

Enfin voilà un certain nombre de considérations dont a mon avis l'historien devrait rendre compte certes avec une grande prudence mais sans avoir l'air de donner un seul "son de cloche" et un chiffre définitif dont certains ont vite fait de s'emparer (on l'a vu avec la presse Algérienne ) à des fins plus idéologiques qu'historiques !

 Bien cordialement     

JF Paya

 

UN ARTICLE SIGNIFICATIF SUR LE CINQ JUILLET  1962

Le journal algérien  « Le Quotidien d’Oran »du 20 Septembre qui avait longtemps  occulté le sujet s’est senti  obligé  devant  nos diverses manifestations  et publications  en France de publier un article  sous un titre de diversion «  Oran de  nouveau dans l’engrenage de la peste de l’OAS » (voir sur internet) pour parler «  des massacres contre les  européens à Oran entre le 5 et 7 Juillet  1962 » stigmatisant « la littérature des ultras du colonialism e il utilise  un article de l’Express du 14  Septembre  et le livre de notre compatriote

Jean Monneret « la  Tragédie Dissimulée » qui table sur un total de 365 personnes disparues pour faire remarquer  « qu’on est loin des chiffres avancés  dans la littérature des ultras de l’ OAS ».

Comme  nous l’avons signalé  à l’auteur  ce chiffre qui serait basé sur une publication aléatoire du quai d’Orsay et sur des documents archivés du 2em Bureau (références non données dans les annexes du livre) est relatif à  un recensement non exhaustif de certaines disparitions signalées par certaines unités dans les rapports de routine  au 2eme bureau de leur secteur ,mais pas le fruit  de recherches approfondies. Pouravoir été sur le terrain en Oranie à cette époque je puis témoigner  qu’aucune enquête sur les causes et les

conséquences  du 5 Juillet n’a été  sérieusement entreprise ‘d’ailleurs J Monneret n’a rien trouvé dans les archives.  On peut même dire que des consignes pour ne pas enquêter ont été données dés le premier jour du massacre .Il aurait fallu signaler que ceci se faisait dans le désordre d’une population affolée qui  tentait de quitter le territoire et que de nombreuses personnes isolées (surtout masculines ,familles étant parties) n’ont pu  être signalées et ciblées plus tard  le 5 Juillet en France.  De même le fait que JP Chevènement attaché militaire au consulat d’Oran à déclaré dans un ouvrage « avoir été chargé de rechercher les 800 disparus du 5 Juillet » sans en retrouver aucun à Oran !(mission qui semble de pure forme)                              .

Se souvenir aussi  que le consul  M Herly a déclaré plusieurs  années après, que ses services avaient enregistré 440 plaintes  mais selon  certains témoignages dont le mien une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes d’une même famille (deux amis en ce qui me concerne).

 

Le quotidien Algérien sur la défensive déclare ensuite que des coups de feu ont été tirés sur la manifestation

( ce  que nous n’avons jamais nie vu les témoignages recueillis tome I de l’Agonie d’Oran) « provoquant  l’émeute puis la vendetta » en les impliquant bien sur à des désespéra dos européens issus de l’OAS  thèse non retenue en 1962  où les nouvelles autorités  parlaient de « bandits de grand  chemin musulmans » en éludant  les responsabilités dues à la crise interne du FLN  en Juillet 62 (voir notre enquête  dans le Volume 3 de l’AGONIE D’ORAN )et sans évoquer les complots pour la prise du pouvoir  du groupe dissident  Boumediene  Ben Bella opposé au GPRA qui avait ses partisans  dans l’organisation FLN d’Oran .Comme aucun européen n’avait  été pris , il était évident qu’il était très  facile pour des provocateurs algériens de se fondre parmi les miliciens en civil ou en treillis militaires armés (il existe des films) .

 

Toutes choses dont  Jean Monneret ne tient pas compte , par contre il suggère dans son livre p 96 et 111 que se seraient les européens d’Oran  qui auraient  été provoqués par la pose des drapeaux  Algériens sur les bâtiments publics : ici on sort de l’histoire pour entrer dans la pure subjectivité .

 

Enfin il faudrait souligner l’importance de la présence des unités militaires françaises (12000 hommes intra- muros) consignées par le général KATZ sur ordre du pouvoir central  à Paris.C’ est ce qui fait la spécificité de ce drame et le fait que sous prétexte de( rétablir l’ordre) l’ALN du Maroc est entrée en masse le 8 juillet à Oran pour prendre le pouvoir tout en liquidant ses opposants .

Un autre objectif de la provocation fut de faire fuir un maximum d’européens d’Oran , ville où ils étaient les plus nombreux .Provoquer ce départ en masse était tout à fait  dans la ligne du congrès FLN de Tripoli en avril 1962.

 

Voilà toute chose dont le quotidien d’Oran  ne pouvait ,bien entendu , parler

 

Jean-François PAYA

 

 

NB : Bien vouloir se reporter pour notre enquête au volume N° III de « l’Agonie d’Oran » sous la direction de Geneviève de TERNANT

http://oran1962.free.fr/

 

Editions J.Gandini 

7, rue de Roquebillière 

06300 Nice

 

Au Sujet sujet de JP Chevènement nous en avons largement parlé dans le tome II de "l'agonie d' Oran" : sous lieutenant appelé sortant de l'ENA nommé officier de SAS a St Denis du Sig il voit ces 16 supplétifs musulmans massacrés par le FLN le jour du "cessez le feu" (19 Mars)NB 1  ensuite muté a la préfecture d'Oran chargé "des liaisons militaires" auprès du préfet pouvoir civil qui était sensé organiser "la force locale" mis a la disposition de "l'exécutif provisoire" par les accords d'Evian (force locale qui se dissoudra par les désertions continues) dans le FLN/ALN) Il ne faisait donc pas parti "de l'état major du général Katz " Le 5 Juillet présent a Oran il évacue certaines archives de la préfecture et le préfet qui s'embarque (donc pas de passation de pouvoir comme le dit J. Monneret le futur préfet Algérien étant en litige entre Alger et Oujda! ) Il se fait "braquer par des ATO sur la route du port et ne joue aucun rôle dans la non intervention de nos unités aux ordres de Katz (il ne commande personne) Ensuite nommé attaché militaire auprès du nouveau consul de France à Oran Jean Herly "ma principale tache était de retrouver les 800 disparus du 5 Juillet "le 12 il accompagne Herly à Tlemcen en hélicoptère pour rencontrer Ben Bella arrivant du Maroc à la tête de l'ALN extérieur NB2  pratiquement aucun disparus!

libéré (et pour cause )mais aucune nouvelle de ces victimes tuées pour l'essentiel (selon nos sources  et Tlemcen le sait mais silence ) Pour nous ce qui nous a  intéressé dans son rapport c'est ce chiffre avoué de 800 en ajoutant les non signalés(familles parties) nous dépassons le millier (argument non pris en compte par J. Monneret qui ne cite pas Chevènement) son témoignage est donc précieux pour nous avec d'autres critères NB3 (voir nos textes) et témoignages musulmans que nous avions sur le terrain (se souvenir que nous sommes les seuls a y avoir été et resté jusqu'en 65 ) EN référence voir livre II (épisode Chevènement) de l'"Agonie Oran" et livre III (enquête Paya p11a 14/ 26a 30/ 137 a 168 )

 

Bien cordialement Jean-François Paya

NB1 /  Des supplétifs sont ainsi massacrés dés "le cessez le feu"

NB2 /  Ainsi un représentant de la France va ainsi négocier avec B Bella alors qu'il n'est pas encore au pouvoir et qui  en tire reconnaissance grâce à l'affaire d' Oran !

NB3 /   " Plaintes"  dixit Herly  (où sont elles ? ) 380  à multiplier par X comme dito(une plainte peut concerner plusieurs personnes

NB4/  """  A Oran une sanglante fusillade fait une trentaine de morts ( ! ! ! )  dont 14 européens ( ! ! !)

On en connaitra point les raisons profondes mais le conflit que plus personne n'ignore et la contestation de l'autorité centrale du FLN qui en découle ne saurait être étranger à cette dégradation Le cdt local de l'ALN ne reconnait plus l'autorité du GPRA  Bakhti désigne donc de son propre  chef un nouveau préfet (bbelliste)  Souiya Houari ( Qui sera imposé a Alger suite au désordre provoqué le 5 Juillet) Source / "L'été de la discorde" par Haroun Ali édit de la Casbah 2000 P 235 suite info intéressante sur la demande de fermeture temporaire des frontières par le GPRA à la France Vérité ou intox ? En Pj  Bakhti  le 3 Juillet noie le poisson et "s'en remet a la future  assemblée a élire" alors qu'il est en train de comploter contre Alger !

 

Algérie main basse sur l'histoire

Présentation de texte à propos de l'ouvrage " La tragédie dissimulée"

Oran 5 juillet 1962

Plan d'Oran 5 juillet 1962

es[1]main basse.jpg (215867 octets) Tragédie Dissimulée.jpg (156994 octets) Plan Oran 5 Juillet.jpg (33919 octets)
Cinq Juillet 1962
 
 
Cette date est celle de l'indépendance pour les Algériens.
Cependant pour les Français d'Oran, seule ville où ils étaient majoritaires, elle évoque une journée d'horreur où près d'un millier d'entre eux furent massacrés en présence d'une garnison Française de 18000 hommes strictement consignée dans ses cantonnements. (1) (2)
Ces forces françaises avaient cependant un rôle théorique de protection de leurs ressortissants, d'après les déclarations publiques et les promesses faites par écrit et diffusées en Algérie comme en métropole. Les accords d'Evian prévoyaient la remise des pouvoirs à 
" l'exécutif provisoire " mis en place depuis le 19 Mars 1962. Celui-ci devait maintenir l'ordre avec une " force locale " quasiment volatilisée à Oran, assistée de l'Armée Française ; et ce en principe jusqu'à la transmission de ses pouvoirs à une assemblée nationale élue au suffrage universel .
Ceci ne fut effectif que le 27 Septembre 1962. Mais les accords d'Evian ne faisaient nullement référence au GPRA et à l'ALN dans ce processus…

Les dits accords ayant été ratifiés par la population algérienne dans la question posée au référendum du 1er Juillet 62, cela déterminait le droit, y compris sur le plan international puisqu'ils figurent au rang des traités internationaux à l'ONU ; ils contenaient aussi une clause d'amnistie générale réciproque qui fut violée sous la responsabilité du FLN pour les harkis.

En réalité l'indépendance de l'Algérie fut proclamée officiellement le 3 Juillet 1962 avec l'arrivée du GPRA et de son président Ben Khedda à Alger. Ce dernier entérina la date historique du 5 Juillet (prise d'Alger en 1830) qui avait été choisie par le comité inter-willayas de l'intérieur (la willaya V d'Oranie étant volontairement absente) opposé à l'Etat-major de l'ALN extérieure basée à Oujda au Maroc et à son chef, le colonel Boumédiène. Le 30 Juin cet état -major avait été dissous et son chef destitué par le GPRA mais rejoint par Ben-Bella lui aussi opposé au GPRA d'Alger.

La lutte pour le pouvoir commençait.
 
Selon Mohamed Harbi, historien et ex-responsable FLN avec la France, la Tunisie et le Maroc, " il faut bien manœuvrer car si ces Etats apportent leur soutien au GPRA et bloquent l'ALN à l'extérieur, c'en est fini de la coalition benbelliste ". En Oranie la willaya V appendice de l'ALN d'Oujda, était surtout composée de ralliés de la dernière heure et de déserteurs de la Force locale musulmane. Il faut souligner qu'en Oranie les katibas de l'intérieur avaient été pratiquement anéanties par l'Armée Française. .Le chef de cette willaya, le colonel Othmane acquis à Boumédiène, préconisa des défilés de manifestations encadrés dés le 3 Juillet, y compris à Oran où 4 à 5 katibas(compagnies) de l'ALN locale reconstituée après le 19 Mars, défilèrent à la limite des quartiers musulmans. Il en fut de même dans toute l'Oranie sans incident notable.

A Oran un "comité de réconciliation " avait été créé avec des notables Européens, et les derniers commandos de l'OAS voguaient vers l'Espagne avec l'accord tacite des autorités, tandis que les Européens, résignés participaient en majorité au référendum du 1er Juillet pour des raisons évidentes de sécurité.
 
Armée des frontières contre GPRA

Mais pour radio Alger, de nouvelles manifestations furent demandées par le GPRA pour le 5 Juillet, destinées à le " faire valoir ". Cette manifestation à Alger devait ètre présidée par Ben Khedda et Krim Belkacem les ennemis jurés de Boumédiene et de Ben Bella.
Pour les conjurés d'Oujda qui allaient ensuite s'installer à Tlemcen, cela ne pouvait se passer ainsi. Ils leur fallait démontrer que les partisans du GPRA n'étaient pas capables d'assurer l'ordre tout en conjurant le risque d'une enclave européenne dans la zone Oran - Oran-Mers-el-Kébir. Mais surtout ils préféraient avoir un prétexte pour faire intervenir massivement cette armée des frontières sans paraître faire un coup d'Etat .
Bien sur la population ne comprenait rien à ce qui se passait et nous l'avons vue après le 5 Juillet, le long de la route Tlemcen-Oran. ,acclamer ces troupes, casquées, équipées de neuf, qui étaient supposées " aller combattre l'OAS à Oran ". Mais une fois sur place, elles mirent surtout au pas leurs opposants et les éléments musulmans perturbateurs que la provocation avait déchainés (3)
 
Au départ un défilé pacifique

Il faut signaler qu'à l'intérieur de l'Oranie bien tenue en main par les Ben-bellistes, aucune manifestation pour le 5 juillet n'était prévue ; mais difficile de contrecarrer l'appel du GPRA diffusé par Radio Alger ;surtout à Oran, où les éléments anti-Etat-major étaient influents parmi certains cadres intellectuels FLN, syndicalistes UGTA et scouts Musulmans avec un vieux fond messaliste persistant et une question lancinante : "Où était cette armée de parade pendant les années de braises ? " Aussi ces responsables s'empressèrent-ils de suivre les consignes d'Alger, alors que le capitaine Bakhti représentant la willaya V et parachuté à Oran après le 19 Mars, avait prétendu " que rien n'était prévu à Oran " où l'activité reprenait. Des banderoles significatives furent préparées, telles " Non au culte de la personnalité " " Un seul héros le peuple " parmi les slogans habituels aux " martyrs de la révolution " allusions à peine voilées contre le groupe dissident d'Oujda, sibyllines pour la population mais moins pour les journalistes qui couvraient l'événement dont beaucoup se réfugièrent ensuite dans le batiment de " l'Echo d'Oran " durant le reste de la journée.
 
Une provocation qui conduira au massacre des Européens

Il est aujourd'hui acquis, et nos enquêtes le prouvent, que les agents de Boumédienne et certains partisans de Ben Bella eurent pour mission de saboter cette manifestation par des tirs venant de certaines terrasses sur le défilé dès son arrivée au centre ville. un scout musulman sera tué, d'autres sont blessés dont un agent temporaire ATO. Des comparses se répandent alors dans la foule en hurlant "C'est l'OAS ! c'est l'OAS ! " (4).
Et le massacre des Européens commence, anarchique ou structuré après enlèvement vers les quartiers périphériques.
Il n'est pas possible, dans cet article, de démonter entièrement le puzzle de cette tragédie. Mais nous l'avons fait avant d'autres, dans un ouvrage : L'Agonie d'Oran, ignoré des médias depuis près de vingt ans et dont le troisième volume, qui contient le rappel des faits, de nouveaux témoignages et les résultats de l'enquéte qui fut menée sur le terrain et poursuivie jusqu'à nos jours .
Nous avons pu éliminer la cause purement fortuite de la provocation en nous basant sur l'analyse des témoignages, y compris de militants algériens, sur les rares archives militaires, sur le déroulement des incidents et sur quelques images filmées au début de la provocation. De source privée, nous avons aussi eu accès à des textes inédits, classées " secret confidentiel " par l'armée française et émanant de l'Etat Major de l'ALN, datés du 5 juillet 1962, jour du drame. Des textes qui démontrent la virulence de l'opposition avec le GPRA et préparent les troupes à intervenir, pour rétablir l'ordre, alors que personne ne savait ce qui se passait à Oran ! (5)
 
Les pompiers pyromanes de l'ALN

Bien sûr , nous n'aurons jamais un ordre de mission signé de Boumédienne. Mais Mohamed Harbi a écrit : L'Etat -major a une vue cynique des choses ; il désire ruiner l'autorité du GPRA ; avec Ben Bella, il ne reculera devant aucun procédé pour se saisir du pouvoir.
Et le garder…La suite l'a prouvé ! S'il etait besoin d'autres preuves de ces assertions, la crise ayant éclaté au grand jour, nous avons retrouvé dans la presse des communiqués moins confidentiels que le nôtre : tandis que le " groupe de Tlemcen " faisait appel à l'Etat major " pour rétablir l'ordre et la sécurité à Alger ", un communiqué des willayas III et IV " accusait un réseau dirigé par Yacef Saadi " de tirer sur les djounouds, espérant profiter de la confusion pour occuper la capitale et préparer l'arrivée des bataillons de l'ex Etat major " (Le Monde). Ils ne purent y pénétrer que le 9 septembre . Idem un message " géné-super " de l'armée française signale des tirs et des provocations dans les quartiers de l'Agha et des facultés à Alger ; des cris incriminant l'OAS auraient aussi été entendus ! Mais le procédé qui avait si bien réussi à Oran fit long feu…Dans cette ville, l'avancée de l'ALN du Maroc (qui dût cependant réquisitionner camions et bus privés) venue " rétablir l'ordre " en pompiers pyromanes avait été avalisée par un GPRA abusé qui, dans un communiqué du 6 juillet, annonce " une attaque de l'OAS " avancée dans un premier temps par les benbellistes d'Oran, argument vite abandonné pour incriminer ensuite des " des bandes anarchiques "(6)
 
Les victimes du 5 juillet boutées hors de l'histoire

Ce troisième volume de l'Agonie d'Oran se veut plus technique que les précédents, chiffrant les effectifs, énumérant les unités des forces Françaises présentes à Oran, situant leurs cantonnements imbriqués dans la ville, à proximité des premières exactions : 18000 hommes strictement consignés, comme le rappellent plusieurs fois les journaux de marche (JMO) de certaines unités, qui relatent avec parcimonie ce qu'elles ont pu voir de " leurs balcons " Certaines sont intervenues parfois pour ouvrir leurs portes aux fugitifs ou en cas de légitime défense patente, comme à la gare d'Oran. (7)
Il faut tout de même signaler une initiative remarquable : celle du lieutenant Khéliff qui intervint avec son unité loin de sa base. Le général Katz, chef du secteur autonome d'Oran se raccrochera plus tard à ces quelques rares mais précieuses interventions d'initiatives " humanitaires " en se couvrant derrière des " ordres supérieurs ", venus du sommet de l'Etat. Il n'en reste pas moins que madame de Ternant, ordonnatrice de l'ouvrage, a raison d'écrire :
C'est le seul exemple dans l'Histoire, d'un massacre perpétré sur une communauté sans défense en présence de son armée qui laisse assassiner et enlever ses ressortissants sans intervenir.
Et elle pouvait ajouter d'une armée invaincue !
Selon le vote unanime de l'Assemblée Nationale, la guerre d'Algérie a officiellement cessé le 2 juillet 1962.
Ce n'est pas une raison pour bouter hors de l'histoire les victimes du 5 juillet à Oran

Par Jean-François PAYA Ancien combattant d'Algérie classe :/54
En service à la Base de Mers-el -Kébir jusqu'à fin 1964

1- Victimes tuées sur place où enlevées et déclarées " disparues " 800 selon JP Chevènement, attaché militaire au consulat d'Oran dans un ouvrage en 1977 / 440 plaintes déposées à ce consulat sachant q'une plainte pouvait recouvrir plusieurs personnes. Plus (+) de nombreux hommes non déclarés ( isolés ; familles déjà parties en France )

2- 12 000 militaires Français intra-muros + garnisons extérieures Marine et Air détail des unités dans le livre 3 " l'Agonie d'Oran "
 
3- Il faut préciser que dépourvue de moyens logistiques de transport après réquisition de camions et bus privés et publics dans la zone intérieure, l'ALN des frontières arriva le Dimanche 8 Juillet à Oran.

4- Premiers tirs sur le défilé à 11h15 précise, selon plusieurs témoins militaires et Algériens dont le commandant du service social des Armées Bd Joffre (livre 1 " agonie d'Oran ")

5- Note de renseignement 1226 B2 classifiée secret /confidentiel /Communiqué de l'Etat Major de l'ALN du 5 Juillet 1962 (texte intégral dans "agonie d'Oran " 3 )
 
6- Le capitaine de l'ALN Bakhti organisa le 10 juillet un montage médiatique pour tout mettre sur le dos d'un chef de bande pseudo Attou qui évoluait après le 19 mars dans les quartiers sud-est d'Oran ;

7
- Seul accrochage sérieux avec une section du 8ème Rima en faction à la gare qui fit plusieurs victimes du côté Musulman (très édulcoré des 2 cotés)

Autres sources :
8- Note aux chefs de Corps n°99 /saor/3/ope du 20 juin signée général Katz qui prévoit l'usage de la " légitime défense " y compris pour les ressortissants Français après le 3 juillet (non appliquée sur l'ordre du pouvoir central la veille de l'indépendance, avec l'ordre strict de consigner les troupes)
9- Bulletin de rens n° 1512 du 12 /7/62 classé/secret révélant enfouissement de cadavres au bull-dozer avec photos d'hélicoptère zone du petit lac sud-est d'Oran Mais aucune enquête officielle ; 44 ans après on procède enfin à une recherche du nombre des victimes sur la base de documents partiels en sachant que certains historiens algériens reconnaissent au moins 2 charniers au " Petit Lac " et au cimetière Tamazouet .
 
 
COMPLEMENT TRANSMIS PAR L'AUTEUR (avec autorisation de publier)
 
Pour mémoire : article cité "pour en savoir plus" p 81 du n° 231 d'Avril 1999, revue l'HISTOIRE, sans aucun démenti depuis cette diffusion
ref : / note de rens 1266:B2:sec-conf /odj EMG ALN du 5 juillet 62 prouvant le complot (voir ci dessous)
ref :/ bulletin rens 1512 du 12/7/62 class/secret/enfouissement cadavres bull-dozer zone du petit lac Oran /
Photos d'hélicoptère, note 99 du 20 juin /Katz citée avec liste unités. Par contre aucune trace d'enquête officiélle.
La mienne ne fut pas agréée (resté à la base de Mers-el Kébir jusqu'en 1965)
JF PAYA Historien (tous documents disponibles)
" Difficile de trouver un chat noir dans une pièce noire surtout lorsqu'il n'y a pas de chat "
proverbe chinois à propos des archives

Les Forces françaises en présence à Oran le 5 juillet 1962, passibles de non-assistance à personnes en danger
 
En fonction des Archives militaires et des destinataires des circulaires du Commandement du " Secteur Autonome d'Oran " nous pouvons donner la liste des unités et des effectifs (18 000 hommes) présents à Oran ce jour-là. Lorsque l'on pense que sur presque un millier d'officiers présents on peut compter sur les doigts d'une ou deux mains maximum ceux qui ont eu le courage de transgresser les ordres, on reste sidéré, car certes, il y eut le Général Katz obéissant avec zèle à De Gaulle mais le reste ne fut pas particulièrement glorieux, le plus hardi étant le lieutenant FSNA Kheliff commandant de Compagnie du 30è BCP qui mena une action longue et loin de sa base sans bien connaître la ville d'Oran. Pourtant les risques pour la "carrière" étant moins graves (avec en plus un prétexte d'assistance à personne en danger) que ceux pris par d'autres précédemment en rupture de ban avec l'Armée gaullienne ! (comme le lieutenant Kheliff qui passa bien Capitaine après une mutation en métropole).
Liste des unités présentes à Oran, et à proximité, le 5 juillet 1962
 
Secteur Oran Ville
3 Régiments d'Infanterie + 1 bataillon : 5è RI - 21è - 67è - 3/43è RI -
3 Régiments d'Infanterie de marine + 3 Bataillons : 8è RIMA - 22è - 66è -1/2è - 1/75è - RIMA - 1/2è RAMA
2 Régiments de Zouaves : 2è et 4è Zouaves
1 Régiment de Cuirassiers : 3è Cuirassier
3 Bataillons de Chasseurs Portés 10è - 29è - 30è BCP
2 Bataillons RA : 1/27è et 324è RA
2 Groupements GAAL : 452è et 457è
Enfin 23 escadrons de Gendarmerie Mobile
 
A cela il faut ajouter les éléments de l'Armée de l'Air basés à la Sénia et de la Marine à Mers-el-Kébir, Arzew et Tafaraoui (Aéro-Navale).
Soit une garnison totale de 18 000 hommes dont 12 000 sur le seul secteur d'Oran -Ville cantonnés sur plusieurs sites, casernes, lycées, collèges, stades, écoles imbriqués dans la ville à proximité immédiate des événements tragiques qui ont eu lieu.

En fait ce 5 juillet à Oran fut ponctuellement la journée la plus sanglante depuis le début de la guerre d'Algérie à nos jours malgré ce qui s'y passe encore en 1998.
Mais elle a surtout le triste privilège d'être un cas unique dans l'histoire où une armée sur le terrain en place à proximité de ses ressortissants civils désarmés et pacifiques les laisse se faire massacrer par des éléments étrangers sans intervenir (sauf cas rares et isolés).
Si on doit reparler du 17 octobre 61 à Paris qui a eu lieu en pleine guerre d'Algérie alors que le FLN était encore " l'ennemi officiel " pourquoi, pas de cette journée occultée par l'historiographie gaullienne et FLN, qui a eu lieu après la fin supposée de toutes les hostilités et en voie d'effacement de notre histoire avec son millier de victimes identifiables et appelées hypocritement "disparus".
D'autre part cette journée fut un des actes fondateurs de l'Etat Algérien dans sa composante militaro-mafieuse manipulatoire et provocatrice dont les effets sont plus que jamais présents à ce jour.

Le communiqué de l'Etat Major Général de l'ALN diffusé au matin du 5 Juillet aux cadres ne fait aucune référence à cette journée comme historique. Sur 3 pages, il explique pourquoi le GPRA qui l'a dissous "a failli à sa mission en bafouant la légalité sur tous les plans "après une référence appuyée aux accords d'Evian ! Il cite la date du 1er Juillet "où le peuple s'est prononcé" comme historique proclamant que le GPRA "est incapable de maintenir l'ordre" .
Il se propose de le faire en allant "protéger la minorité Européenne" alors qu'on ne sait pas encore ce qui se passe à Oran !
 
Il faut préciser que dépourvu de moyens logistiques de transports après réquisitions de camions et bus privés dans la zone Tlemcen-Ain-Témouchent, l'ALN des frontières arriva à Oran le dimanche 8 Juillet et rétablit effectivement l'ordre tout en prenant le pouvoir. Pour Alger, ce fut une autre histoire. Elle n'y entra qu'en Septembre après des combats avec les willayas 3et 4 au niveau d'Orléanville et une négociation.

 

NB : Personnellement j'adhère à la thèse défendue aussi par certains historiens Algériens selon laquelle De Gaulle avait choisi de favoriser l'accession au pouvoir du clan d'Oujda.
 
Jean-François PAYA

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