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Il
faut nous résigner : la France ne nous aime pas. Nous dérangeons. En
1962, le Maire d'une grande ville du Sud nous invitait à aller
nous faire pendre ailleurs. Pendant plus de 4 décennies, nos
morts, nos disparus furent tranquillement « oubliés »
par tout ce que le pays compte d'officiel.
Par
contre, depuis 15 ans, la France médiatique n'en finit plus de déplorer
les victimes de ….. l'Armée française. Les victimes du 8 mai
1945, les victimes de la Bataille d'Alger, les victimes du 17
octobre 1961, ont été abondamment pleurées, honorées,
plaintes. Le Maire de Paris a fait apposer une plaque pour ces
dernières. Les porteurs de valises ont eu droit à des téléfilms
élogieux, Les Frères des frères. etc…..
Regardons
les choses en face ! La France d'aujourd'hui est un pays qui
choisit ses victimes. Il y a les bonnes, celles qui alimentent la
repentance, le déni national. Il y a les mauvaises, les nôtres,
celles qui rappellent que le FLN n'était pas composé de purs
esprits, et de chevaliers blancs. Alors là !
Si
une municipalité, comme celle de Perpignan décide de rappeler
que nous avons perdu des milliers des nôtres, enlevés, torturés,
jamais retrouvés, portés disparus, jusqu'à ce jour !
Alors, rien ne va plus !
MRAP,
LDH, Libération etc nous tombent sur le râble. Comment
pouvez-vous célébrer certaines victimes et pas les autres ?
Quel sectarisme ! En vain, tenterez-vous d'arguer que des
autres victimes, on a beaucoup parlé, que la télévision les déplore
sans cesse et quasi-exclusivement. En vain ferez-vous remarquer
que Pieds-Noirs et Harkis enlevés et massacrés, on n'en a guère
parlé dans les médias.
On
pourrait imaginer le petit dialogue suivant entre un PN et un FA
(Français anticolonial) :
PN :
C'est que, voyez-vous, les nôtres on en a pas parlé.
FA :
Pas parlé ? Mais vous n'y êtes pas. Il ne faut pas en
parler. Ce serait engager un conflit mémoriel.
PN :
Pourquoi alors parle-t-on des autres ?
FA :
Ce n'est pas pareil. Déplorer les victimes de la répression
militaire française, est nécessaire pour que la France regarde
son Histoire en face.
PN :
Mais n'est-ce pas une façon hémiplégique de voir les choses ?
N'est-ce pas une France borgne qui regarde l'Histoire ?
FA :
Pas du tout ! Rappeler les victimes du terrorisme, les
victimes du FLN, c'est vouloir revenir en arrière. C'est être
partisan. C'est rouvrir les plaies.
PN :
…………………………………………………………………………… !!
Eh
oui ! Chers compatriotes, chers frères, nos victimes ne sont
pas les bonnes. Elles empêchent les bien-pensants de digérer.
Un
certain SPECIALISTE de l'Algérie, réunit en un volume de 700
pages une multitude d'articles sur la Guerre d'Algérie. Il nous
invite à passer « de la Mémoire à l'Histoire »
et à « rompre avec l'amnésie ». Eh bien !
Si vous avez du temps à perdre, comptez le nombre de lignes qu'il
consacre aux centaines de pieds-noirs enlevés à Oran, le 5
juillet 1962. Le compte sera vite fait. Amnésie, quand tu nous
tiens !
Lorsqu'un
monument est inauguré à Perpignan pour nos disparus, des
contre-manifestants regrettent que l'on honore ainsi ………. le
colonialisme !
On
pourrait penser qu'être pied-noir est un crime en soi. C'est être
un agent du colonialisme par essence, partout, tout le temps, même
quarante ans après. Quelqu'un a même osé écrire dans un
journal du Midi qu'il y avait des victimes « moins
respectables » que d'autres. Les nôtres bien sûr.
Pauvre
journal qui accueille de pareils propos ! Pauvre
pays où l'on tolère cet irrespect pour des morts, quand toutes
les civilisations ont eu à cœur de les honorer. Et
je pense à ces familles de disparus, à leurs êtres chers, enlevés,
molestés, torturés. Des familles qui ont reçu un peu de baume
au cœur les 24 et 25 novembre derniers, mais n'a pas épargné la
bave, de ces ouvriers d'iniquité dont parle l'Ecriture.
Jean Monneret
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