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INFOS Les faits, une pièce en trois actes.

1) Par un communiqué commun, le Cercle Algérianiste, le C.L.A.I.R.R. et le
CL.A.N.-R. reconnaissent le Quai Branly et le 5 décembre.

2) Or, Monsieur Bachy, Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés, déclare devant un parterre de "présidents" qu'en tant que représentant de l'Etat, directement placé sous le Premier Ministre, "jamais il ne déposera une gerbe devant un Monument où les noms de nos fusillés
seraient inscrits".

3) Or, Mc Teuma vient de faire savoir qu'elle a reçue une lettre recommandée du Ministère des Anciens Combattants lui signifiant que l'attribution "Mort pour la France " qu'on avait accordée à son père a été retirée.

« Morts pour la France » attribués aux Fusillés de la Rue d’Isly, aux Disparus du 5 juillet et, en fait, à toutes nos victimes, je n'ai jamais cru que ce serait possible. Seule l'Histoire reconnaîtra le Crime et le fait que nos Frères et Sœurs, Pères et Mères sont morts de la France.

1) Ne le prenez pas mal, mais comme prétexte le Pouvoir vous répondra, s’il souhaite ménager les familles et la communauté, que « ceux de la Rue d'Isly sont morts pour venir en aide à leurs compatriotes rebellés, pas pour la France », et que « ceux du 5 juillet n'étaient pas en posture d'agir, mais de simples victimes d’un Etat étranger». « Mort pour la France » suppose que l'on agit. Bien sûr, on doit pouvoir trouver des cas qui concernent d'autres faits que l'Algérie où les victimes étaient passives et n’agissaient pas pour la France. Mais il me semble que même les victimes de la Shoa n’ont pas
été déclarées mortes pour la France. Et pourtant, elles bénéficient de beaucoup plus d’attention et de respect.

2) Mais surtout, il faudrait être bien naïf ou bien peu au fait de la politique pour croire qu'un gouvernement qui se revendique du gaullisme et qui se veut au mieux avec le gauchisme et les immigrés les plus durs pour notre Histoire puisse pour nous prendre le risque de se les mettre à dos. Y
compris une partie de l’Armée française ou de ses anciens, y compris aux grades les plus élevés, pour reconnaître sa complicité active ou passive.
Cela relève de la même naïveté qui a fait que nous avons cru que jamais l’Algérie ne serait abandonnée par l’Armée (voir aussi le sort des Harkis), ou de celle qu’expriment certains en croyant que parce que l’on porte un uniforme (militaire, policier ou même … religieux) on est de droite !

3) Comme nous disparaissons, pesant de moins en moins face à une immigration galopante qui se traduit de plus en plus dans les bulletins de vote, et sommes vendus par des prébendiers avant les élections, c'est encore pire!

Surtout que le Pouvoir vient d'installer au cœur de notre Communauté un coin terrible. Oui, nous sommes souvent divisés, mais, là, il vient de réussir l'Enorme! Un coup comme seul Sarkozy sait faire. Des présidents de notre communauté, représentants parfois de familles de victimes, viennent
d'accepter de diviser nos Morts. Trois représentants de "groupements", certes se félicitant que les noms de la Rue d'Isly soient inscrits au Quai Branly, se réjouissent par la même occasion de cette date bidon du 5 décembre, au moment même où Monsieur Bachy, Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés, déclare devant un parterre de "présidents" « qu'en tant que représentant de l'Etat, jamais il ne déposera une gerbe devant un Monument où les noms de nos fusillés seraient inscrits". Ce qui
est l'évidence que je dénonce avec d’autres depuis ce « bonneteau » du 5 décembre et du Quai Branly: jamais les combattants de l'Algérie française ne seront associés aux Morts militaires et civils quand ils sont dits innocents, alors que le sont le barbouze ou le porteur de valise. Ainsi, le 5 décembre, les Français d’Algérie présents au Quai Branly honoreront, avec les victimes de la Rue d’Isly, le barbouze mort mais pas notre Cohorte :
BASTIEN THIRY, DEGUELDRE, DOVECAR et PIEGST et tous les combattants de l’Algérie française tombés pour la France.

Bien sûr, je n'ai aucun titre pour parler au nom des victimes de la Rue d'Isly, mais elles ont au moins un avantage sur nous. Elles, elles n'ont pas vieilli et n'ont pas été confrontées à ces années de haine insidieuse, de falsification de l'Histoire et de compromissions. C'est à l'appel de ces fusillés et de leur compagnons qu'elles allèrent au secours de leurs Frères entrés en résistance à Bab El Oued. Si des Hommes méritent bien le titre de Morts pour la France se sont bien ces fusillés et tous ceux tombés dans la Résistance française pour l’Algérie. Je plains ces présidents et tous ceux qui se prosterneront le 26 mars aux pieds des ministres et élus. Ils viennent de diviser nos Morts. Le coq chanta trois fois! Syndrome de Stockholm ou plutôt du Pont de la rivière Kwaï.

Jean-Pierre RONDEAU