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03
juillet 2006 ETRANGE
ET TARDIF TEMOIGNAGE
Voici un extrait du site
Kabyles.com qui fait état d’une étrange déclaration d’un de
ceux qui furent les pionniers de la “révolution” algérienne, Hocine Aït Ahmed. Elle exprime cependant une opinion assez répandue
chez les Algériens, et dans la communauté Pieds Noirs. Bouteflika en a-t-il seulement eu
connaissance ?
Hocine
Aït Ahmed et le « génocide » des Pieds-noirs Parution : 25 juillet 2005 Par
: Yidir Achouri
Intervenant dans le numéro de juin 2005 de la revue Ensemble éditée
par l’Association Culturelle d’Education Populaire, Hocine Aït
Ahmed, leader du Front des Forces Socialistes et dirigeant historique de
l’insurrection du FLN en 1954, y tient des propos assez surprenants
sur les Pieds-noirs et leur expulsion d’Algérie en 1962. Rappelons que
l’Association Culturelle d’Education Populaire est une association
fondée en 1948 à Constantine par l’abbé catholique Emmanuel Grima.
Aujourd’hui sise à Montpellier, dans le sud-est de la France, elle
rassemble des Pieds-noirs originaires de l’Est algérien et publie,
cinq fois par an, la revue Ensemble.
Sur un ton passionné, il dénonce la
véritable « tragédie humaine » qu’a constituée le départ
forcé des populations françaises d’Algérie en 1962. Il
estime que c’est « plus qu’un crime, une faute “commise
par le Front de Libération Nationale, dont il est un des chefs
fondateurs et dont il était encore membre à l’époque. Il ajoute que
cette faute a pris un triple aspect « politique, économique et même
culturel ». En effet, d’après lui « les citoyens non
musulmans auraient dû garder toute leur place dans l’Algérie indépendante
car « les cultures juive et chrétienne se trouvaient en Afrique du
Nord bien avant les arabo-musulmans, eux aussi colonisateurs,
aujourd’hui hégémonistes. » (Dominateurs
sans partage)
Sur un plan plus économique, Aït Ahmed regrette qu’en forçant
les Européens au départ, l’Algérie nouvellement indépendante se
soit privée d’un formidable réservoir de main d’œuvre formée,
productive et compétente : «Avec les Pieds-noirs et leur
dynamisme - je dis bien les Pieds-noirs et non les Français - l’Algérie
serait aujourd’hui une grande puissance africaine, méditerranéenne»
Il sous-entend donc
que le choix de tourner radicalement le dos à l’Europe occidentale et
d’ouvrir l’Algérie aux professeurs arabes, Egyptiens, Syriens et
autres Palestiniens ainsi qu’aux ingénieurs soviétiques fut une
erreur coûteuse qui a conduit l’Algérie sur la voie du sous-développement.
Il oppose à cette stratégie arabiste et tiers-mondiste, décidée à
l’époque par le FLN, une sorte de « troisième
voie » qui aurait vu l’Algérie s’appuyer sur ses compétences
internes, alors essentiellement détenues par les « Européens », pour
créer les conditions d’une croissance économique saine.
Allant encore plus loin dans la repentance, Hocine Aït Ahmed déclare
qu’ « il y a eu envers les Pieds-noirs des fautes inadmissibles, des crimes de
guerre envers des civils innocents et dont l’Algérie devra répondre
au même titre que la Turquie envers les Arméniens. » Ce
faisant, il évoque la longue liste de massacres commis contre les
civils Pieds-noirs pendant la guerre d’Algérie, depuis ceux de
Philippeville (Skikda) en 1955 à ceux d’Oran en 1962. Ces tueries,
provoquées par le FLN, ont eu pour effet d’instaurer une coupure
radicale entre ceux que l’on appelait alors les ' Européens' et
les populations musulmanes, provoquant finalement l’exode des
Pieds-noirs vers la France dès la proclamation de l’indépendance de
l’Algérie.
Ce qui est particulièrement étonnant et qu’on avait
sans doute jamais entendu dans la bouche d’un homme politique algérien,
c’est la comparaison entre le sort fait aux Pieds-noirs en 1962 et
celui fait par les Turcs aux Arméniens en 1915. L’écrasante majorité des historiens et des opinions publiques, à l’exception des Turcs, s’accordent à dire que les massacres et déportations d’Arméniens par les Turcs constituent le premier cas de génocide moderne. En comparant le destin des Pieds-noirs et celui des Arméniens, Hocine Aït Ahmed accuse donc implicitement le FLN d’avoir commis un génocide à l’encontre de la population européenne d’Algérie !. Ces déclarations émanant d’un des derniers chefs historiques du FLN sont proprement stupéfiantes à l’heure où Abdelaziz Bouteflika dénonce encore avec virulence le «
caractère génocidaire » de la colonisation et où la presse algérienne
arabophone se lance dans des attaques sans fondements contre les juifs
de Tlemcen partis en 1962.
On peut cependant se demander pourquoi
il aura fallu si longtemps pour que Hocine
Aït Ahmed rende publiques
de telles réflexions. Si génocide il y a réellement eu,
pourquoi n’en a-t-il alors rien dit à l’époque, alors que sa voix
comptait parmi les plus influentes du FLN et aurait peut-être pu empêcher
cette « faute terrible » ? Mon
Commentaire: Ces
propos soulèvent en effet, beaucoup de questions. Il
n’empêche que c’est la première fois qu’un haut dirigeant de la
“révolution algérienne” évoque les crimes commis par le FLN
contre les Pieds Noirs. En général, on est plutôt habitué à
l’habituel discours sur les atrocités commises par l’armée française,
ou par les violences subies par le peuple algérien pendant les années
de sang ( qui ne sont pas contestables) et à un silence hypocrite sur
l’horreur des attentats commis par les fellaghas. Comme s’il
existait des horreurs légitimes et d’autres horreurs coupables…. Yidir
Achouri D’autres
commentaires
1.
Très d’accord avec pas mal de ces analyses. C’est clair,
Hocine Aït Ahmed ne me semble pas raisonner ainsi à l’époque.
C’est une analyse faite avec le recul. Il y avait cependant un homme
dont la pensée n’était pas loin de ça et qui l’a fait savoir aux
ténors politiques de la post-indépendance: Ferrat Abbas. 2.
le FLN ainsi que tout le nationalisme algérien a des pans
entiers de son histoire à revoir ! 3.
Oui. Fielleux dans la mesure où son auteur ne digère pas
l’hypocrisie et les indignations sélectives. Certains tabous ont la
vie dure, et il n’est pas indifférent que des sujets soigneusement
occultés ou traités comme insignifiants soient abordé par des acteurs
de ce drame. 4.
tous ce “bla-bla” n’effacera pas tout ce que nous avons
laissé là-bas 5.
De fanatique assassin, Aït Ahmed est devenu penseur et
aujourd’hui “sage” et anti Bouteflika. Il a mis longtemps (53 ans)
à s’apercevoir que notre présence avait toujours été bénéfique
et que, aujourd’hui, son pays vit dans une misère noire 6.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce dirigeant algérien depuis
longtemps discrédité, il est toujours facile de dire plus de 40 ans
après: “On aurait dû, il fallait pas etc.”
La vérité, c’est que l’Algérie comme le reste du monde
arabe des années 1950-1960 croit dans les fadaises de Nasser sur la
Nation arabe une et indivisible et tous ces pays pratiquent sous des
formes diverses des politiques visant à éliminer tout ce qui n’est
pas arabe dans leurs pays. C’est l’exil pour plein de gens installés
depuis des siècles sinon des millénaires, et donc pas seulement les
pieds-noirs d’Algérie.
Puisque dès le premier article de leur constitution, ces pays,
dont l’Algérie, se proclament arabo-musulmans, quelle aurait été
alors la place de ceux qui n’étaient ni l’un ni l’autre?
Et quand on sait quel a été l’échec du panarabisme doublé
d’un modèle stalinien de parti unique et industrialiste qui a laissé
la place à l’islamisme, je ne vois toujours pas comment des non
musulmans auraient pu rester en Algérie. Ces gens qualifiés auraient
été traités comme les koulaks par Staline puis, à l’époque du FIS
et du GSPC égorgés comme mécréants. Sources RP : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hocine_A%C3%AFt_Ahmed http://berdepas.blog.lemonde.fr/2006/07/03/2006_07_etrange_tmoigna/ http://www.geocities.com/hocine_ait_ahmed/ http://www.algeria-watch.org/farticle/presid/presid92.htm http://www.algeria-watch.org/farticle/tribune/chalabi.htm http://www.kabyles.com/IMG/_article_PDF/article_58.pdf http://www.ffs-dz.com/article.php?debut_Article_memerubrique=15&debut_page=520&id_article=418
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