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Brutalement
,plus un bruit.. la grosse voix de l'abbé
Filia et sa face rougeoyante imposait
le silence «TOI ! ET TOI ! VENEZ
Z'AVEC MOI»
Il
venait de me désigner le bougre ! Avec mon
copain je le suivais à la
sacristie.. et pendant ce temps il nous
marmonnait
plus qu'il ne parlait . «
mooff !... mooff !... une urgence, je dois
procéder à la cérémonie d'un
enterrement, moof !... moof !... vous
serez mes enfants de chœurs, vous savez
faire ?». l'ôt répond :
«
oui »
moi
je dis : « non ! non !
».
il
me répond : «Tant pis tu feras
comme xxx et tu feras la quête
»
Baya
jaléo, Cougniou ! ! ! (
purée, quelle histoire !)
pendant que je mettais le chasuble, (la
mini jupe en dentelle
blanche) j'avais envie de rentrer
dans un trou de "lagartija"
(lézard) que en plus je
savais pas si y fallait pleurer pour la
circonstance ou prendre un air triste, et
le sousto (peur) que
j'avais d'approcher la mort, bercé
par les paroles de Jésus que
j'étais, «Lazare, lève toi
et marche !» et Lazare y la
marché hein!..si jamais ça se reproduit
déjà que le 1er miracle c'est que je
sois enfant de chœur ! ! aie !aie ! aie
! (Je le pensais vraiment,
c'était mon éducation)
Pourtant
tout se passait bien en dehors du
tremblement qui m'agitais, je regardais l'ôt:...y
baissait la tête,.. je baissais la
tête... y s'agenouillait, je
m'agenouillais y sonnait de la petite
cloche, je me mettais des petits coups de
poings sur la poitrine.... avec toujours
un regard en coin.. j'avais même oublié
le cercueil et la famille
éplorée........... Jusqu'au moment ou
une toux rauque et persistante du curé me
fait lever la tête, fusillé du regard
,appuyé par des coups de tête nerveux
,l'abbé me faisait comprendre que je
devais quêter...
Maladroitement
, je me lève et je fais le tour des
malheureux avec ma petite corbeille qui se
remplissait accompagnée d'un son de
pièce bien sympathique....
Retour
à ma place je pose la corbeille.. A la
fin de la messe je ramène la corbeille à
la sacristie.....
Seul,
puuttaaiin ! ! ! c'est pas vrai ? ?... je
suis seul... et... devant moi ce tas de
pièces que jamais j'en avais vu autant de
toute ma vie à part les cinq francs
du dimanche qui nous permettaient
d'acheter chez Alezra, notre épicier, un
*domino ( * petite boite en carton
représentant un domino contenant des
cachous) pendant qu'on en chapardait 5.
Dieu
quel tentation ! ! ! ! j'avance ma main je
lève une pièce de 50f (me semble t-il me
souvenir, je sais plus mais c'était
beaucoup!se serait l’équivalent de
5€) ,je la repose, je me souviens
bien avoir hésité.. Et puis bueno (bon) à
force à force j'en mets une dans ma
poche. Pos vinga ! (Et puis après
tout !) il en restait
« boucou » quand même pour
l'abbé FILIA !....
Je
l'ai tripoté cette pièce bénite dans ma
poche et plus... et plus... j'ai du la
polir bien comme y faut hein ! !
Seulement
voila!,c'était sans compter avec notre
ditchosa éducation,(maudite
éducation !) la peur de Dieu, de
l'enfer et de la punition céleste. A
un point que ne pouvant plus dormir
tranquille et tiraillé en permanence par
ma conscience déstabilisée, je
déposais, dans la même corbeille,
pendant la messe du dimanche
d'après, le fruit de mon larcin.
Seule
consolation pour moi, le curé bien qu'il
l'ai su, n'a jamais pu me punir
ouvertement... hi ! hi ! hi !.
Je
lui avait avoué en confession... (M.D.R)
Yvonicorequetepillo
(yvou-court-que-je-t’attrappe) |