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ALGERIE - MEMOIRE D'EVENEMENTS

 

L' Echo d'Alger - Octobre 1958

 

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Le Général Maurice Challe   

 

Merci à Madame Gosselin-Suarez  Marie-Thérèse pour la transmission des documents originaux.   

LES BARBOUZES

en Algérie

Voulue, conçue, organisée par des cerveaux corrompus acharnés à chasser les Européens d'Algérie, vifs ou morts, l'engeance. Barbouze est un phénomène typiquement gaulliste. (Engeance : Groupe, catégorie de personnes méprisables)

Il avait existé des barbouzes avant la récupération du mot et de la chose par le syndicat Debré, Frey & Compagnons. Dès sa naissance, l'OAS avait été infiltrée par les dénommés Barthélemy Rossello et André Palaccio, qui avaient eu le temps de faire des dégâts avant d'être démasqués et abattus. Mais, en la matière, la palme revient sans contredit à Pasani, un ancien trafiquant d'armes pour le compte du FLN passé au service des brigades anti-OAS en qualité de tueur.  

 

L’EXPLOSION DE LA VILLA 

« ANDREA »

RAPPEL DES FAITS  

 

Le 27 janvier 1962 : Henri VINENT est capturé par les barbouzes et atrocement torturé dans la cave de la villa "Andréa". Le chef des tortionnaires est un vietnamien, répondant au nom de "SUNGSUNG". Il porte une carte de la Sûreté Nationale numéro 804.  

Le 29 Janvier 1962 : Jacques Gosselin Chef de chantier à l’U.A.T.P pour le lycée de Maison Carrée est à son tour kidnappé par ces mêmes barbouzes vers 8h en se rendant à son travail et est conduit aussi à la villa  "Andréa".

Peu de temps après son arrivée vers 13h30 des déménageurs Bedel livrent deux caisses lourdes et volumineuses (262 kg). La cargaison, très attendue, est accueillie avec joie car il s’agit de tout un matériel de composition et d’impression qui va permettre enfin de fabriquer tracts et affiches sans sous-traiter. La douane doit assister à l’ouverture des caisses mais le temps passe. Jim Alcheik n’y tient plus, impatient de devenir éditeur à part entière, il porte le fer entre deux planches de sapin et imprime un délicat mouvement de bas en haut, s’ensuit une énorme explosion et un champignon de fumée au-dessus des hauts d’Alger : 180 kilos d’explosifs plus quelques grenades défensives viennent  de souffler la villa Andréa. Bilan : quarante barbouzes calcinés, parmi les rares survivants, trois prisonniers, dont deux membres de l’OAS, qui ont été torturés dans la cave et que l’arrivée de l’imprimerie a sauvé de justesse. Il s’agit de « Henri Vinent » aide radio, et « Alexandre Tislenkoff » responsable ses émissions Pirates de l’OAS, et du chef de chantier « Jacques Gosselin » sans lien avec une quelconque organisation.  

Le grand patron des barbouzes étant arrivé c’était «LEMARCHAND», c’est lui qui décida le repli vers le Rocher Noir. Le commandant de la gendarmerie mobile arrivé sur les lieux de l’explosion s’opposa à leur exécution sommaire des prisonniers demandée par Christian David dit "le beau serge".

QUI EST LEMARCHAND

Pierre Lemarchand, Né le 25.09.1926 à Tourlaville (Manche) avocat à la cour de Paris, ancien résistant dans le mouvement «Défense de la France», et ancien responsable du R.P.F. dans la Seine, fut l’instigateur aux côtés de Lucien Bitterlin et d’André Goulay, dans la préparation du fonctionnement d’une organisation, qui sous couvert du Mouvement pour la Coopération (M.P.C), était chargée dans un climat de violence pendant la guerre d’Algérie de contrer l’O.A.S. après le putsch d’avril 1961 à Alger.  

Surnommé le Barbouze du général, il fut chargé de préparer trois cents hommes fidèles Gaullistes, de lier des liens étroits avec le gouvernement français en Algérie, et avec la mission C regroupant les fidèles policiers au régime, de s’engager dans la lutte anti-O.A.S. Cette police parallèle, composée de volontaires appelés barbouzes par ses adversaires, était crainte et considérée comme terroriste par les autorités en Algérie et en métropole, y compris par des gaullistes authentiques. Une centaine de ces hommes périrent sous les coups des militants de l’O.A.S. et notamment les Commandos Deltas dirigés par Roger Degueldre.  

Avocat pendant plusieurs décennies au barreau de Paris, ancien député de l’Yonne, Pierre Lemarchand a été l’acteur et le témoin de plusieurs grands épisodes de « l’histoire secrète » de la Ve République

Le nom de Pierre Lemarchand, est cité à plusieurs reprises au cours des affaires Ben Barka et Markovic et en tant que responsable des trois cents hommes des services spéciaux, fut entendu comme témoin. Et aussi son nom fut cité dans le livre de William Reymond dans JFK, autopsie d'un crime d'Etat.  

(R.P.F. rassemblement du peuple français mouvement politique fondé par le général de Gaulle le 14 avril 1947 pour mettre en œuvre son programme politique exposé dans le discours de Bayeux. Durant sa courte existence (1947-1954), le RPF fut le principal mouvement d'opposition à la quatrième République (avec le PCF), voulant se situer au-delà du clivage droite/gauche. Le RPF fut le seul mouvement de l'histoire du gaullisme fondé et présidé par Charles de Gaulle et le seul mouvement à réunir tous les gaullistes.)  

(MPC mouvement pour la communauté) créé le 9 juillet 1959 Président fondateur : Jacques Dauer, secrétaire général Lucien Bitterlin. Le MPC mouvement à tendance Gaulliste de gauche, était donc chargé en quelque sorte, d'en assurer la devanture respectable et légale. Lucien Bitterlin à toute latitude pour agir suivant les directives de la direction.  

L'implantation du MPC en Algérie débute en mars 1960. Yves le Tac est nommé président, Lucien Bitterlin secrétaire général, Jean Dubuquoy responsable administratif pour Alger. (Yves le Tac fut mis hors d'état de nuire malgré quatre tentative d'attentats manquées entre le 13 novembre 1961 et le 18 février 1962). C'est à Paris, octobre1961, cabinet de l'avocat maître Lemarchand que sont mises en places les nouvelles orientations concernant la lutte contre l'OAS. En présence notamment de Roger Frey ministre de l'intérieur et de son adjoint, Alexandre Sanguinetti (responsables du cabinet anti-OAS), Lucien Bitterlin, Fred Simon représentant parisien du MPC.

Membres du comité directeur : Charly Bonardi, Youssef Benhoura, son beau frère Nouar, et le père Badin.
Chef du service action : Barthélémy Rossello. Il s'illustrera dans l'infiltration des réseaux OAS. Il transmettait ses résultats au commissaire principal Gautray et à son adjoint Nivos, des RG, qui étaient en étroite relation avec le cabinet de
Roger Frey.

But officiel : permettre la réconciliation et l'association France Algérie des communautés en vue de préparer le régime démocratique de l'Algérie nouvelle

But réel : s'opposer à l'OAS par tout les moyens et mettre un terme aux agissements des commandos Delta de Degueldre et Z de Susini.
Le 15 Octobre 1961 la section algérienne s'appellera « Mouvement Pour la Coopération »)

 

Pierre Lemarchand livre ici, pour la première fois, sa vérité sur ces dossiers sulfureux.

 

Résistant – l’un des plus jeunes de France – Pierre Lemarchand a été arrêté par les parachutistes de Goering qui ont décimé son maquis et n’a échappé que de justesse à une exécution sommaire. Interné à Fresnes en attente d’une déportation en Allemagne, il est libéré par les Alliés, et s’engage aussitôt dans la 1ère armée, au sein de laquelle il participe à la campagne d’Allemagne.

Gaulliste, Pierre Lemarchand fait partie des fondateurs du RPF, en qualité de responsable du service d’ordre. Rappelé volontaire en Algérie en 1956, il participe à la création des « commandos noirs » du colonel Barberot sous le commandement du général de Bollardière.

En 1961, Lucien Bitterlin et Dominique Ponchardier, le créateur de la série romanesque « Le Gorille », lui demandent de prendre, dans des circonstances dramatiques, la direction des « barbouzes » engagées dans la lutte anti-OAS. Le nom de Pierre Lemarchand, jusque-là inconnu du grand public, est cité à maintes reprises au cours des affaires Ben Barka et Markovic.
TEMOIGNAGE DE JACQUES GOSSELIN  

 

Je suis métropolitain, né le 2 octobre 1935.Aprés 28 mois de service militaire en Algérie, notamment dans le sud oranais, j’ai été démobilisé et j’ai trouvé un emploi de chef de chantier à l’U. A .T.P…..  

Je travaillais au lycée de Maison-Carrée sur un chantier. En m’y rendant le 29 janvier 1962, vers 8 heures du matin, avec la camionnette de mon entreprise, je m’arrêtai à un feu rouge, juste avant le Pont de Maison-Carrée.  

 

A ma hauteur vint s’arrêter une « Chambord », dans laquelle il y avait trois Européens et un Vietnamien .Ils me regardèrent avec insistance. Peu après, ils m’ont doublé et m’ont fait une queue de poisson, en m’obligeant àm’arrêter….

Aussitôt, ils sont descendus, armés de pistolets 11/43 et m’ont fait monter dans leur véhicule.  

J’ai alors compris que j’avais affaire aux fameux barbouzes qui sévissaient à cette époque contre l’OAS, organisation dont je n’ai jamais fait partie. Je ne comprenais pas pourquoi je me retrouvais dans cette voiture avec des menottes et pourquoi j’ai reçu un violent coup de coude sur le nez qui fit gicler mon sang sur mes vêtements.  Sur la route, prés du « Figuier », les barbouzes s’arrêtèrent et m’emmenèrent prés d’une falaise qui surplombait la mer. Là, ils m’ont demandé d’avouer que j’étais légionnaire déserteur, en me mettant un revolver sur la tempe. Je protestais en demandant qu’ils vérifient mes papiers d’identité.  

Et ils me les déchirèrent sans les contrôler : carte d’identité, permis de conduire et carte de Sécurité Sociale.

Un convoi militaire passa et ils eurent peur. Nous sommes alors remontés dans la voiture et nous sommes arrivés au Rocher Noir.  

Là, le patron, un petit gras qui louchait et portait un costume avec la légion d’honneur, partit dans le bâtiment principal de la Cité Administrative.  

Il était environ 15 heures 30 quand nous sommes arrivés à leur PC. Ils m’ont fait descendre dans une cave, m’ont fait asseoir sur un genre de lit militaire. Ils m’ont mis une cagoule sur la tête et ont commencé à me boxer la figure. Je recevais des coups de partout. Ils voulaient que je sois légionnaire .Ils m’ont parlé en allemand mais je ne comprenais rien. Ils m’ont attaché sur un fauteuil dont le dossier et le siège étaient remplacés par un treillis de ressorts métalliques et ils m’ont jeté un seau d’eau pour me mouiller : j’ai compris que j’étais sur une chaise électrique et qu’ils allaient y mettre le courant. C’est à ce moment là qu’une violente explosion se produisit.  

Je fus soulevé et détaché de la chaise par l’explosion et je me trouvai debout .J’entendis des cris, j’enlevai ma cagoule et je vis un jeune barbouze à mes pieds, le crâne enlevé et la cervelle pendant sur ses yeux. Il avait un revolver sous son bras dans un étui.  

Deux autres prisonniers qui se trouvaient dans une autre pièce sont venus me détacher. J’ai appris qu’ils s’appelaient Tislenkoff et Vinent.

Le service de déminage arriva et un CRS eut une conversation avec un jeune vietnamien qu’il semblait déjà connaître. Les pompiers et les gardes mobiles arrivèrent : on nous força à déblayer les décombres et à sortir les morceaux de cadavres.

Vers le soir j’ai entendu dire que le grand patron était arrivé de Paris. J’ai vu plusieurs civils entourés d’officiers et de la gendarmerie mobile.  

Le convoi s’est formé et on nous a fait transporter dans les voitures tout ce qui était récupérable. J’ai entendu dire que nous allions au Rocher Noir .Je montais dans une Estafette bleue et le convoi partit. Sept véhicules civils et deux Half-track nous escortaient.  

Le lendemain, mon patron a voulu déposer plainte au commissariat de Maison Carrée, mais le commissaire lui a répondu 

On se doute de qui cela vient, je ne peux pas enregistrer votre plainte : ces gens- là sont intouchables et je ne veux pas avoir d’histoires avec eux.  

J’ai été détenu pendant 8 jours à l’école de police d’Hussein-Dey, puis j’ai été transféré à l’hôpital Barbier-Hugo pour passer des examens de la tête.  

J’ai été choqué et je suis resté sourd de l’oreille droite.

J’ai témoigné au procès de Tislenkoff, fin janvier 1963, et j’ai reconnu sur photo le nommé Alcheik : il était parmi les barbouzes qui m’ont arrêté et torturé.

J’ai appris que c’était Lemarchand, avocat et député de l’Yonne, qui était son ami et qui l’avait envoyé en Algérie avec un groupe de Vietnamiens.  

A la suite de l’affaire Ben Barka, j’ai vu des photos de Lemarchand. Sa tête me dit quelque chose, je voudrais le voir en personne.  

Je veux demander justice pour les actes de barbarie illégaux et injustifiés que j’ai subis.

Je n’ai pas peur. On n’est plus à l’époque des villas avec salles de tortures.

J’irai jusqu’au bout.

   

LE TEMOIGNAGE DE HENRI VINENT  
Je suis né le 21 février1939 à Kouba. Je suis ancien para, j’ai été amené à m’occuper des émissions pirates par conviction patriotique. J’ai été arrêté le 27 janvier 1962. Vers 20 heures 30, je me trouvais en compagnie de mes parents, chez nous, à Kouba, rue Lavigerie  Des soi-disant policiers ont présenté une carte de police à mes parents et m’ont emmené dans une 403 grise, en me mettant une cagoule sur les yeux et des menottes.

Une autre voiture était là, avec des Vietnamiens dedans. J’ai compris que j’étais arrêté par des barbouzes ; ils m’ont emmené  à El Biar, ils m’ont descendu dans une cave et m’ont frappé  pendant plusieurs minutes sans me poser de question. Je me suis évanoui dans la cave à la suite des coups et des étranglements que je subissais. Ils m’ont réveillé en me mettant une très grosse lampe dans les yeux. Ils m’ont déclaré que je faisais partie du groupe des émissions pirates, et qu’ils me surveillaient depuis deux jours ; J’ai encore été torturé, on m’a mis un couteau sur la paupière. Ils voulaient m’arracher l’œil. Après cette confrontation, j’ai été emmené dans une pièce de la villa située à gauche en entrant : on m’a allongé sur un lit de camp et on m’a attaché à un radiateur de chauffage central par une menotte à chaque poignet. J’étais gardé par un Arabe armé d’un 11/43. Je n’ai pas pu dormir.  

J’ai subi encore plusieurs brimades physiques et morales ; J’ai passé la nuit du dimanche au lundi dans les mêmes conditions. Le lundi matin j’ai été emmené dans une autre pièce située de l’autre côté d’une cour séparée de la villa. C’était une chambre avec plusieurs lits de camp tout neufs, qu’occupaient les Viets

On y amena également Tislenkoff vers 10 heures du matin. Il fut enchaîné et assis sur un lit, il portait plusieurs marques sur le visage et semblait souffrir de la poitrine. Il fut l’objet de railleries et de brimades de la part des jeunes barbouzes.

Ils avaient des armes neuves dont ils étaient très fiers ; On nous donna à manger à midi, nous sommes restés là jusqu’à 16 heures. Alcheik vint et nous demanda de signer nos déclarations.

« Nous pouvons vous tuer, dit-il, personne ne nous demandera des comptes ; nous dépendons directement de la présidence du conseil ».  

A la suite de cette déclaration Alcheik nous proposa encore de travailler avec eux. Je leur ai dit qu’il valait mieux nous tuer de suite, au lieu de nous emmener « faire une petite promenade avec eux » : nos savions ce que cela voulait dire !

Leur chef, qu’on appelait « Papa », est entré et a fait signe à Alcheik de venir. Il venait de recevoir certains colis attendus. Alcheik l’a suivi. Quelques minutes après, il y eut une terrible explosion.  

Les survivants nous ont détachés pour aller déblayer les décombres. Nous avons vu Gosselin debout, dans une pièce à côté, recouvert de poussière, comme une statue de plâtre. Je l’ai détaché avec Tislenkoff pour qu’il nous aide à déblayer. Il avait des chaînes aux pieds et des marques de coups sur le visage ; Son nez et sa bouche étaient ensanglantés.

Nous avons dégagé les blessés et j’ai entendu dire par les barbouzes que le grand patron Lemarchand allait venir de Paris. A ce moment on a voulu nous fusiller tous les trois. C’est sur l’intervention d’un commandant de gendarmerie mobile que cela n’a pas eu lieu.  

Le soir, entre 20 et 21 heures, le grand patron est arrivé avec deux autres civils. Les barbouzes l’appelaient Lemarchand. Je vis ces hommes avec les officiers de Gendarmerie mobile. C’est sur les ordres du « grand patron »que le repli sur le rocher Noir fut exécuté. J’étais avec Tislenkoff dans un fourgon Citroën. Un petit Viet me disait qu’il allait monter à Paris recruter plein de jeunes compatriotes pour les ramener faire de la lutte anti-O.A.S.  

Arrivés à Hussein-Dey, les barbouzes étaient surpris et anxieux. Un inspecteur nous fit relâcher de leurs griffes.

Le lendemain, j’ai été examiné par deux médecins, le docteur Henri de Jolinière et le docteur Maurice Bourhy de Kouba. J’ai encore les certificats médicaux attestant les tortures que j’ai subies. Malgré cela, je n’ai pas été soigné, ni à Hussein-Dey ni à la prison de la Santé, à Paris. Mon père a déposé plainte contre X….auprès du procureur de la République à Alger, le 2 février 1962, mais cette plainte n’a jamais abouti.  

Je suis prêt à la relancer, maintenant que ce nom de Lemarchand est revenu dans l’affaire Ben Barka.

Puisqu’il ne nie pas sa participation à la répression anti-O.A.S. à Alger, je peux le tenir responsable des sévices que j’ai subis. Mes droits de citoyen français me permettent de demander justice.  

 

SPECIALE DERNIERE DU JOURNAL LE MONDE - 30 JANVIER 1962
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C’était l’un des quatre artisans du putsch d’Alger  

cet article, datant de 1978, ou l'on apprends le décès de l'un des généraux du putsch d'Alger: Maurice Challe.

Avec les généraux Salan, Jouhaud et Zeller, il fut l'un des quatre généraux qui s'allièrent aux pieds-noirs, à l'OAS et à la résistance contre le gouvernement français pour garder une Algérie Française.   

Le général Maurice Challe est mort

Le général Challe, ancien commandant en chef des forces françaises en Algérie, est décédé hier à l’âge de 73 ans. Il avait été transféré au Val-de-Grâce en raison d’un cancer généralisé.

Maurice Challe était, avec les généraux Salan, Zeller et Jouhaud, l’un des artisans du putsch d’Alger en avril 1961. Il avait été condamné à quinze ans de prison puis amnistié après quelques années de détention. La date de ses obsèques n’est pas encore fixée.

 

Maurice Challe est né le 5 septembre 1905 au Pontet dans le Vaucluse Marié le 11 juin 1927 il avait deux enfants Jean et Gilbert.  

Auprès des études au collège Sainte-Geneviève à Versailles il devient élève à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr Lieutenant-pilote en 1927 breveté d’état-major en 1939 puis en 1940 commandant attaché au grand quartier général de l’Air chef d’un réseau de renseignement entre 1943 et 1944 il est nommé colonel en 1946.

Sous-chef d’état-major général de l’Air en 1947 général de brigade aérienne commandant de l’Air au Maroc en 1949 il devient en 1951 chef de l’état-major particulier du secrétaire d’Etat à l’Air. 

Il prend la direction du centre d’enseignement supérieur aérien et devient commandant de l’Ecole supérieur de guerre aérienne chef de l’état-major des forces armées en 1955 général d’armée aérienne en 1958 le général Challe commandant en chef les forces françaises en Algérie de décembre 1958 a avril 1960 cumulant ces fonctions avec celles de commandant de la 5e région aérienne il est commandant en chef des forces allées de la zone centre-Europe de l’ O T A N de 1960 à 1961 puis mis en disponibilité sur sa demande au mois de janvier 1961 il participera au putsch d’Alger du 21 avril 1961 il est destitué le 24 avril de la même année puis incarcéré à la prison de la santé et condamné par le haut tribunal militaire le 31 mai 1961 à quinze ans de détention criminelle Maurice Challe est alors incarcéré à la prison de Tulle d’ou il est libéré en décembre 1966 gracié en 1967 et amnistié en 1968  

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