|
Pourquoi
tu ris oh ! c’est mon accent! Parol’
d’honneur, j’ le perds je meurs ! Tu
saiS… Quand
j’ suis venu, j’étais tout nu, La
vie d’ ma mèr’, nu comme un ver ! Enfin…
presqu’, j’avais un’ valis’, Mais
pas d’argent, pas de devises.
Rien ! Rien ! Rien ! Mon accent c’est tout ! Mais
lui au moins, y m’ suit partout.
J’vais t’ dir’ aut’ chos’, Tu sais, j’étais sûr d’êt’e français, Et là-bas j’croyais bien l’parler. En arrivant, purée d ‘tes oss, Qu’est-ce
qui disaient les patos ? « Tiens !
par ici y’ un Pieds Noirs, Ça
se sait même sans le voir ! » Moi,
j’ me disais qu’y z’étaient fous, Eux
y z’avaient l’accent, pas nous ! Et pis, j’ me suis rendu compt’ Mais
entention, j’ai pas hont’, Les
poh ! poh ! poh ! Falso, bova, Ici
y connaissaient pas !
Là-bas ? On parlait tous pareil ! Comment
tu veux que mes oreill’ s, Elles
ont pu faire la différenc’ ? J’étais
jamais venu en Franc’. Mêm’
les Arab’ du bon vieux temps, Y
parl’ l’français avec l’accent. L’accent
de moi, l’accent de lui, Ouais…
l’accent de not’ Algérie. Tu
peux m’croir’ j’ai pas la hain’, Mais
sur ma vie ça m’fait d’la peine, Quand
j’entends mes p’tits enfants, Parler
avec un aut'e accent ! Mais…
comm’ elle disait ma grand-mère’ Le
passé il est derrière, C’est
l’avenir qu’il est devant ! Mais
moi… tant que je s’rai vivant, Mon
accent y s’ra comm’ça, C’est
tout ça qui m’reste de là-bas !
Nicole |