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Texte
et dessins de : Yves PASTOR
d’après des souvenirs personnels et collectif.
Merci
à Raymond FRANÇOIS , Laurent MARCH, Christian ANDRES,
Marcel
TORTOSA. et Monsieur GRASSIE....
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Dans ma cité des H.L.M située en limite
Est de notre
ville d'Oran, à partir de l'âge de 10 ans, dans les années 1957, je
fus attiré par le piégeage et la chasse au stack (lance pierre) de
petits oiseaux tels que les moineaux, les linots (appelé les
pacharelles), les bergeronnettes ainsi que les étourneaux, activité
tout à fait respectable de cette époque Il
faut dire que cette passion se transmettait d'une génération à
l'autre, ou encore, d'enfants plus grands à enfants plus petits et
ainsi de suite.. Nous avions aussi la chance d'avoir dans notre zone
d'habitation, un piégeur, fort émérite,, admiré de tous les enfants
du quartier.
Ce
personnage, un mutilé de guerre de 1914-1918, n'hésitait pas à
nous promulguer tous ses conseils émanant d'une grande expérience
en la matière. Il était notre référence et il suffisait de citer son
nom pour mettre fin à toutes protestations de différent que nous
pouvions avoir sur une méthode de piégeage. |
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Le
piégeage - de
ma génération
et de celles des plus grands beaucoup se reconnaîtra dans l’exercice
de cette pratique.
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1°)
le piège métallique
Le plus
couramment employé. Il s’achetait en droguerie et se présentait sous
la forme de deux demi-cercles que nous tendions grâce à des ressorts
centraux et maintenus par une tige de fer traversant le serre appât
Il
fallait d’abord, en fonction de la saison, faire provision d’appât.
Du pain pour les gorions (moineaux)
des vers ou des fourmis ailées pour les passereaux linots,
bergeronnettes etc.…
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Cet
appât était maintenu par la petite pince centrale. Une fois les deux
demi-cercles ouverts la tige centrale devait retenir le piège dans sa
position tendue, puis nous tenions le piège par ses deux petites
oreillettes latérales entre le pouce et l’index afin d’éviter de
nous nous faire pincer les doigts accidentellement
Les
plus doués passaient l’attache dans le serre appât au maximum de
sensibilité, c’est à dire très peu enfoncé, au risque parfois
d’entraîner un déclenchement intempestif qui pouvait nous pincer la
main.
Posé
délicatement sur le sol nous le recouvrions alors d’une fine
pellicule de terre soigneusement épurée
de tous les petits cailloux, pour ne laisser apparaître que le ver.
Le
dispositif était prêt a fonctionner.
2°) la glue
Après
avoir récupéré des semelles de crêpe d’une vielle paire de
chaussures usée, nous la découpions en petits morceaux que nous
entassions dans un « cacharulo » ( vieille boite de
conserve). Pendant ce
temps, d’autres allumaient un petit feu de bois. Puis, nous faisions
fondre le crêpe en posant la boite de conserve sur le feu…
La
consistance devait être ni trop liquide ni trop
épaisse. Le maître de cuisson veillait à cela en tournant un
bâton dans le mélange. crêpe résine
Nous
enduisions alors, de cette colle, des petits bâtonnets ou des petites
pailles creuses, que nous allions disposer en équilibre sur des
perchoirs improvisés.
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Un
exemple sur des chardons
Nous
enfoncions la paille sur l’épine de terminaison de ses feuilles, car
les carganeras (chardonnerets) aimaient venir picorer les graines de ce
végétal
Les
chardonnerets se posaient naturellement sur les pailles enduites de
glues et perdant l’équilibre il arrivait qu’ils s’emmêlent les
ailes dans la glue….Souvent cela ne fonctionnait pas mais
qu’importe, l’essentiel était l’affût, et si par bonheur nous
arrivions à en prendre un,
le retour au quartier
ressemblerait à un triomphe….
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3°) le
filet
A
la tombée du jour, les petits volatiles venaient habituellement se désaltérer
dans des petites flaques d’eau naturelles.. Il suffisait donc de
creuser un trou pas très profond, de le cimenter et de
l’approvisionner en eau régulièrement.
Derrière
ce point d’eau posé à même le sol et recouvert d’une fine couche
de terre sableuse un filet était dissimulé.
Par
un système de basculement à charnière il pouvait être commandé
depuis un abri.
En effet le
filet était tissé entre 2 tiges de roseaux, reliées entre elles par
un axe posé au sol. A l’extrémité d’une tige de roseau, une grande
cordelette était déroulée jusqu'à l’abri ou se dissimulait le piégeur. |
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Après
une attente plus ou moins longue, quelques oiseaux venaient se poser
autour de ce point d’eau, il suffisait de tirer d’un coup sec la
cordelette, et quelques oiseaux se faisaient prendre..
Patience
et dextérité étaient nécessaires à la réussite.
Mais
comme nous étions toujours trois ou quatre copains dans l’abri,
bien souvent alors que peu d’oiseaux se posaient, les uns
voulaient tirer, les autres voulaient attendre, il s’ensuivait
beaucoup de paroles, de petites peléas (disputes) et peu de réussite
dans cet exercice….
J'aurais
aimé poursuivre cette activité dans notre belle région, au paysage
parfois rude et sec, au bord de mer si rocailleux, dans nos forêts de
pins et de garrigue ou encore au milieu de vignobles immenses....
Seulement voilà le destin en a décidé autrement.
C'est
pourquoi : !......................
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Plus
tard, lorsque pour des raisons familiales et professionnelles je dûs
m'installer dans le département de l'Ain, cette passion de la chasse devait
me reprendre. C'est ainsi qu'avec l'acquisition de mon chien un cocker
baptisé "toupie" je me remis à pratiquer la chasse au petit
gibier.
D'abord
très attiré par la promenade dans les prés et les cultures, accompagné
de ma chienne, je savais débusquer les lapins, les perdrix et les faisans
gîtés dans la nature. J'aimais observer les vas et viens de toupie devant
moi, voire son excitation grandir au fur et à mesure que son flair repérait
une odeur impossible à détecter pour l'homme que j'étais. J'admirais les
ruses et les attitudes du gibier pour échapper au tir fatal, je pestais
parfois pour ma maladresse ou je savourais le plaisir de contempler le
vol des perdrix non interrompu par mon coup de fusil. |
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Quand
il arrivait que mon tir fasse
mouche, la difficulté consistait souvent à retrouver le gibier tombé
car il y a parfois tellement de buissons et de bois que le gibier, perdu
de vue, dans un dernier élan de survie, s'enfouit dans un bosquet après
sa chute.
Je
passais par moment beaucoup de temps à retrouver ce gibier tombé. Je me
faisais un point d'honneur à toujours le ramener, abrégeant au plus tôt
ses souffrances.. Pour cela, l'aide de ma chienne était capitale. Surtout
ma 2°chienne halva, un épagneul breton, d'une rare efficacité dans la
recherche, et qui savait pister et rapporter à son maître la pièce
retrouvée. Mon attente et mes espérances de la revoir revenir avec la
proie dans sa gueule se justifiaient à tous les coups. |
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L'équipe
que nous formions, ma chienne et moi, me ravissait car son courage et sa ténacité,
étaient toujours à l'origine de mes moments de plaisir les plus appréciés.
Je prenais beaucoup de satisfaction à la caresser après une belle action
même si elle n'était pas récompensée à cause de ma maladresse.
Je
savais la laisser savourer toute sa joie et sa fierté d'avoir participée
à la réussite d’une bonne partie de chasse et pour cela je
lui accordais quelquefois un moment pour garder son bien.
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Ma
chienne malade et vieillissante, je dois avouer qu'à ce jour je
me désintéresse un peu de cette chasse au petit gibier, pour me
consacrer davantage au gros gibier., chevreuil, et sanglier
Après avoir chassé plus de 14 ans avec elle, je ne tiens plus à ce
qu'elle se blesse dans des ronciers épais, ou plonger dans l'eau
glacée pour ramener un col vert tombé à l'eau. , Je sais qu'elle
serait toujours volontaire pour continuer....mais je préfère user
d'artifice pour m'en aller sans qu'elle s'en aperçoive.
Pour conclure, je vous laisse admirer quelques exemples de gibier, bien
accompagnés d'une cueillette de champignons. je vous laisse deviner le
menu..... |
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